image point bourse

Point Bourse Hebdomadaire du 5 novembre 2018 : Rebond technique, mais…

Ce rebond technique est bienvenu. Il était espéré après le recul important d’octobre, c’est ce qui lui donne un caractère technique car les nouvelles macro ou micros économiques de la semaine ne le justifient pas.

Pour ne pas apparaître trop sombre il faut mentionner cependant des espoirs : celui d’une sortie moins mauvaise qu’attendu des négociations commerciales américano-chinoises et celui d’un accord sur le Brexit.

 Les inquiétudes quant à l’évolution du secteur manufacturier de l’Eurozone se renforcent au début du T4. L’indice PMI Final IHS Markit se replie à son plus faible niveau depuis août 2016 signalant un nouveau ralentissement de la croissance en octobre. Affaibli par le 1er recul des ventes à l’export depuis plus de 5 ans, le volume des nouvelles commandes se contracte pour la première fois depuis près de 4 ans, tendance que les entreprises interrogées attribuent à la montée des tensions commerciales.

Au vu des dernières données de l’enquête, le secteur manufacturier pourrait glisser en zone de contraction d’ici la fin de l’année car la tendance est fermement orientée à la baisse pour la fin du trimestre, le volume du travail en cours diminuant pour le 2ème mois consécutif et les perspectives d’activité se repliant à un plus bas de près de 6 ans.

Ce sont les fabricants de biens intermédiaires qui enregistrent les plus faibles performances, signalant des replis simultanés de la production, des nouvelles commandes et des ventes à l’export. La croissance reste en revanche relativement solide dans le secteur des biens de consommation comme en témoignent les fortes hausses de l’activité et des nouvelles commandes enregistrées au cours du mois.

La France et l’Espagne ne signalent qu’une croissance modeste de leur industrie tandis qu’en Allemagne l’expansion enregistre son rythme le plus faible depuis presque 2 ans et demi. L’Italie est le seul pays à observer une contraction, à son plus faible niveau depuis près de 4 ans.

En revanche, la croissance de la production reste soutenue aux Pays-Bas et marquée en Irlande, en Autriche et en Grèce bien que partout en ralentissement.

Cependant en octobre la croissance de l’emploi s’est poursuivie mais à un rythme moins soutenu : c’est la plus faible hausse des effectifs depuis décembre 2016. L’Autriche, l’Allemagne et les Pays-Bas indiquent les créations de postes les plus fortes mais les fabricants français font état d’une quasi-stagnation de leurs effectifs et la croissance de l’emploi reste modeste en Espagne et en Italie.

La confiance des fabricants chute à son niveau le plus faible depuis la fin 2012, les répondants sont préoccupés par l’adoption de mesures protectionnistes, l’augmentation possible des tarifs douaniers et le climat d’incertitude politique actuel. Les perspectives d’activité se replient dans tous les pays étudiés, les fabricants allemands se disant pessimistes quant à leur niveau d’activité futur pour la 1ère fois depuis 4 ans.

L’Economic Sentiment Indicator (ESI) de la Commission Européenne est tombé en octobre à un plus bas de 17 mois (109,8 vs 110,9 en septembre et 112,1 en juillet), ce déclin est largement réparti entre les secteurs : industrie, services et distribution sont en recul, seul le moral des ménages se stabilise, et les pays : Allemagne, France, Italie et Pays-Bas sont en recul, seule l’Espagne rebondit un peu.

La croissance de l’Eurozone au T3 est sortie à +0,2% (vs 0,4% au T1 et au T2) faisant passer la progression annuelle de 2,2% à 1,7%. Ces chiffres devraient amener la BCE à être plus prudente lors de sa réunion de décembre : tout en mettant fin à ses achats d’actifs, elle ne devrait pas fixer de calendrier pour ses futures hausses des taux.

L’IHS Markit US Manufacturing PMI est sorti en ligne avec celui de septembre (55,7 vs 55,6) et bien plus haut que le même indice pour l’Allemagne et pour la France. Si l’ISM (Institute for Supply Management) est en léger retrait (55,7 vs 59,8), il reste à un niveau élevé tout en enregistrant la force du $ et le ralentissement de la croissance globale, cependant, le manufacturier ne représente que 12% de l’économie américaine mais plus de 35% de l’économie allemande.

L’indice de confiance des consommateurs du Conference Board a progressé de 2,6 pts en octobre à 137,9 au plus haut depuis septembre 2000, en dépit du sell off sur les marchés. Les ménages sont plus optimistes tant sur leur situation actuelle que sur leurs perspectives, les deux étant au plus haut. Cette confiance au sommet suggère un fort momentum de la consommation (en hausse annualisée de 4% au T3) au T4 et pour l’importante saison des fêtes de fin d’année. Les consommateurs sont plus optimistes sur le marché du travail, leurs revenus futurs, ils attendent une hausse des marchés sur les 12 prochains mois et sont plus nombreux à préparer des achats de maisons ou de voitures.

Le rapport sur l’emploi d’octobre du Bureau of Labor Statistics, publié vendredi, était exceptionnel. Il donne tous les sous-jacents à cet optimisme des ménages, le chômage étant à un plus bas de 49 ans, les créations de postes très élevées et les augmentations de salaires sur un an dépassent 3% pour la 1ère fois depuis 2009 :

  • Création de 250 000 emplois (consensus 200 000), la moyenne pour 2018 est maintenant à 213 000 et dépasse celles de 2107 (182 000) et 2016 (195 000) malgré des pénuries de personnel qualifié dans de nombreux secteurs ;
  • Le taux de chômage est inchangé à 3,7% avec une forte progression (711 000) de la force de travail dont 600 000 avec emploi et 111 000 au chômage. Aussi le taux de participation augmente de 0,2% à 62,9%, il est de 82,3% pour la tranche « prime working age » (25-54 ans), au plus bas depuis mai 2010.
  • Le salaire horaire monte de 0,2% m/m et de 3,1% y/y, de 3,3% annualisé sur 6 mois. Les rémunérations totales hebdomadaires agrégées (emplois x salaires horaires) progressent de 5,4% sur un an : c’est là le principal support de la consommation.

En octobre le Caixin China General Manufacturing PMI est resté presque inchangé à 50,1 vs 50. Pour le 7ème mois les exportations diminuent, entraînant un recul des emplois mais très modeste. La confiance des répondants chute à un plus bas de 11 mois.

Au contraire le Nikkei Japan Manufacturing PMI progresse à son meilleur niveau depuis juin (52,9 vs 52,5 en septembre) avec une hausse des nouvelles commandes tant domestiques qu’à l’exportation.

Aux États-Unis, 376 entreprises du S&P500 ont publié leurs résultats du T3 et 83% d’entre elles ont surpris positivement, les BPA sont ressortis en moyenne 6,6% au-dessus des attentes. L’amplitude des surprises est en ligne avec la moyenne historique et la croissance des BPA au T3 est en bonne voie pour atteindre +27% (+14% hors effet fiscal) en ligne avec celle du T2 (+26%).

Au niveau du Stoxx600 européen, les résultats sont à l’image du ralentissement manufacturier. Sur les 255 entreprises qui ont publié, seulement 51% ont surpris positivement (vs 54% en moyenne).

En Europe les secteurs dont les attentes de bénéfices ont été le plus revues à la hausse sur les deux derniers mois sont Aerospace & Défense, IT Hardware et Oil & Gaz et à la baisse Building Materials, Automotives et Airlines.

La semaine dernière tous nos fonds ont bien participé au rebond des marché; si c’est FCP Mon PEA qui en a capté la meilleure part (+ de 80%), la progression a été plus forte pour les petites capitalisations : Erasmus Micro Cap Euro +3,19%, Erasmus Small Cap Euro +2,73% et Erasmus Mid Cap Euro +2,31%.

FCP Mon PEA a acheté Essilor Luxottica qui allie un caractère défensif, une forte présence aux États-Unis et dans le luxe maintenant et un argument technique avec l’augmentation à venir de son poids dans les indices, Frédéric pour Mid Cap a cédé Outotec comme Small Cap qui a en outre cédé TXT E Solutions et acheté Tonnelleries François Frères (TFF) et Datalogic Spa.

 La semaine prochaine sera marquée mardi par les mid term elections aux États-Unis. Il est probable que si les républicains perdaient la Chambre des Représentants cela serait vu positivement par les marchés car le président n’aurait plus les mains libres en matière budgétaire ; il les garderait cependant en matière de commerce extérieur, de dé/réglementation et de nominations.

Néanmoins il serait dès lors amené à négocier et ce soulagement pourrait permettre la poursuite de la reprise en cours.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d’Erasmus Gestion

Articles similaires