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Point Bourse Hebdomadaire du 25 février 2019 : Nouveaux frémissements

Nouveaux frémissements dans les indicateurs publiés cette semaine : non pas que la situation économique s’améliore déjà mais quelques signes permettent d’espérer que ce pourrait être le cas d’ici 6 mois.

Autre enseignement des dernières publications : il y a bien ralentissement en Chine. Celui-ci n’est pas de grande ampleur et il concerne surtout l’industrie mais ce qui apparaît de plus en plus clairement c’est que ses retombées n’épargnent aucun pays. En Allemagne, aux États-Unis ou au Japon les conséquences très concrètes de ce ralentissement affectent les économies : c’est une bonne raison pour amener Donald Trump à accepter un accord commercial Chine/États-Unis.

Dans ce contexte, c’est sans surprise que les marchés ont connu une nouvelle semaine de hausse.

Si la croissance de l ‘activité de l’Eurozone s’est légèrement accélérée en février, l’indice PMI IHS Markit Composite Flash passant à 51,4 vs 51 en janvier, son rythme reste très modéré. Le secteur manufacturier s’est en effet replié en zone de contraction, pesant sur l’expansion économique globale de la région.

La production manufacturière se replie pour la 1ère fois depuis juin 2013 et la croissance a donc exclusivement reposé sur le secteur des services. Porté par une amélioration de la conjoncture en Allemagne et une stabilisation de l’activité en France, le secteur des services a enregistré sa plus forte croissance depuis 3 mois.

Si la hausse de l’activité s’est renforcée par rapport à janvier, le volume des nouvelles affaires a reculé pour le 2ème mois consécutif, témoignant d’une faiblesse persistante de la demande, notamment dans le secteur manufacturier. Les fabricants ont en effet signalé le plus fort recul de leurs nouvelles commandes depuis près de 6 ans, le repli des ventes s’accélérant tant sur le marché intérieur que sur ceux à l’export.

Malgré la baisse du volume des carnets de commandes (nouvelles affaires et travail en attente), le dynamisme de l’emploi s’est maintenu. Les effectifs des entreprises ont en effet augmenté à un rythme soutenu, le taux de création de postes se renforçant. Cette amélioration du marché de l’emploi résulte d’une accélération des embauches dans le secteur des services et d’une stabilisation des effectifs dans le secteur manufacturier.

Les données de l’enquête mettent également en évidence des perspectives d’activité bien orientées en février. L’optimisme des entreprises s’est redressé à un plus haut de 4 mois, ceci malgré un repli de la confiance dans l’industrie.

Les disparités de tendance entre les deux secteurs étudiés sont particulièrement visibles en Allemagne : portée par un rebond de la demande, l’activité du secteur des services a fortement augmenté au cours du mois alors que l’industrie s’est repliée en zone de contraction, la production reculant pour la 1ère fois depuis près de 6 ans tandis que le volume des nouvelles commandes a nettement diminué.

En France, la conjoncture semble s’être quelque peu stabilisée. Les prestataires de services n’ont signalé qu’une très faible baisse de leur activité tandis que la production manufacturière s’est stabilisée (PMI 49,9 vs 48,2).

En dehors des deux plus grandes économies, l’activité a légèrement augmenté vs janvier mais elle affiche son rythme le plus faible depuis novembre 2013.

L’optimisme des entreprises permet de penser que le pire est passé mais l’intensification des vents contraires et des préoccupations d’ordre économique et politique comme l’impact des mesures protectionnistes sur le commerce mondial, le Brexit ou la hausse des incertitudes électorales pèsent sur le niveau de la demande, des investissements et de la consommation. Aussi la probabilité d’un fort rebond est mince.

La confiance des consommateurs en Eurozone s’est légèrement redressée en février, l’indice de la Commission Européenne passant de -7,9 à -7,4, un peu au-dessus du consensus ?

Les indicateurs allemands semblent se stabiliser. Le ZEW (Zentrum für Europäische Wirtschaftsforschung de Mannheim) recule pour ce qui est de la situation actuelle (-17,6 pts à 27,6) mais remonte un peu pour ce qui est des perspectives (+2,5pts à -15) . L’IFO (Leibnitz Institute for Economic Research at the University of Munich) recule (98,5 vs 99,3) mais les perspectives (93,8 vs 94,3) moins que la situation actuelle (103,4 vs 104,5), cependant l’indice IFO global passe en zone de ralentissement pour la 1ère fois depuis 2012, il y était alors resté un an ; en termes sectoriels, seul le secteur de la construction apparaît en meilleure situation qu’il y a un an (17,1 vs 16,2 en février 2018), le plus fort recul étant l’industrie (9,0 vs 30,1), les services (21,1 vs 29,9) et le commerce (4,9 vs 18,1) reculant moins.

L’enquête de février de l’INSEE montre que le climat des affaires est quasi stable en France, son indicateur gagne un point, il se situe à 103, au-dessus de sa moyenne. Il est stable dans l’industrie manufacturière, augmente de deux points dans le bâtiment et dans le commerce de détail mais perd deux points dans les services. Dans les 4 secteurs il se situe au-dessus de sa moyenne.

L’INSEE nous dit aussi que le climat de l’emploi s’améliore. L’indice, à 106, gagne 2 points et est bien au-dessus de sa moyenne.

Aux États-Unis, l’IHS Markit Flash US PMI monte à un plus haut de 8 mois à 55,8 vs 54,4, grâce aux services (56,2 vs 54,2) alors que l’indice manufacturier est à un plus bas de 17 mois (53,7 vs 54,9). L’optimisme des chefs d’entreprise continue son recul, les répondants du secteur manufacturier étant particulièrement sensibles à la dégradation des perspectives économiques globales.

C’est ce sentiment que reflète le Philadelphia Fed Manufacturing Index qui tombe à -4,1 en février vs 21,1 pts en janvier en contraction pour la 1ère fois depuis mai 2016, 18,7% des répondants voyant leur activité diminuer contre 14,6% qui la voient croître. Le secteur manufacturier fait face à de nombreux défis : le ralentissement de la croissance globale, plus spécifiquement de la croissance chinoise, le commerce international qui amplifie ces ralentissements, la force du $ et les tensions commerciales. Un accord États-Unis/Chine permettrait un regain de confiance, de nouvelles dérégulations peuvent aussi y contribuer mais le court terme est préoccupant et il convient d’en tenir compte.

Le Flash Japan Manufacturing PMI recule à un plus bas de 32 mois en février (48,5 vs 50,3 en janvier) et les perspectives deviennent négatives pour la 1ère fois depuis novembre 2012. Ceci n’est pas une surprise compte tenu des contraintes internationales rencontrées par les industriels japonais, comme le ralentissement de la Chine, leur 1er client et le ralentissement du commerce international ; Les services, plus domestiques, devraient mieux résister.

Sur la semaine, les marchés clôturent en légère hausse aux États-Unis (S&P500 +0,6%, Nasdaq +0,7%) et en Europe (Stoxx600 +0,6%, EuroStoxx50 +0,9%, CAC40 +1,2% et DAX +1,4%).

Le Stoxx600 est porté par les Matières Premières (+2,7%), l’Automobile (+2,4%) et la Construction (+2,3%) alors que le secteur Banques (-1,7%) chute le plus sur la semaine.

Pas de changement malheureusement de la tendance de révision à la baisse des prévisions bénéficiaires 2018 et 2019 par les analystes financiers ;

Selon le consensus JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen, la croissance annuelle attendue est à +6% pour 2018 et à +7,1% pour 2019. Aux États-Unis et pour le S&P500, la croissance annuelle 2018 est attendue à +17,7% et à +2,8% pour 2019.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d’Erasmus Gestion

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