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La reprise gagne en intensité

En Europe, la reprise gagne en intensité. Soutenu par le progrès des campagnes de vaccination et la levée progressive des restrictions, l’indice PMI non manufacturier de l’Eurozone continue son ascension pour le 5ème mois consécutif et grimpe à 58. Une tendance haussière partagée par l’indice manufacturier qui reste solidement ancré en territoire expansionniste à 63,4. L’indice composite grimpe à 59,2, un record historique.

Du côté de la demande, les signes d’une forte reprise de la consommation s’accumulent : la confiance des ménages européens atteint son plus haut niveau depuis 2018 tandis que les ventes au détail allemandes et la consommation des ménages français rebondissent.

Dans ce contexte, la BCE a revu ses prévisions de croissance à la hausse et anticipe désormais 4,6% en 2021 et 4,7% en 2022 (précédent 4% et 4,1%).

La dernière note de l’INSEE est un nouveau témoignage de la vigueur de la reprise en France de la part d’une institution dont la communication a toujours été caractérisée par la prudence. Voici un résumé de sa description du déroulé du semestre qui vient de se terminer et de ce qui se dessine pour les prochains mois.

Encadré par 2 confinements, l’hiver 2021 a été marqué par les restrictions sanitaires. Au total pendant 7 mois, entre novembre 2020 et mai 2021, l’économie française a plafonné en deçà de 96% de son niveau d’avant crise.

Depuis début mai cependant, tous les indicateurs, qu’il s’agisse des enquêtes mensuelles de conjoncture ou des données à plus haute fréquence, indiquent une vive reprise, au rythme graduel du déconfinement. Au mois le mois, le profil du T2 serait ainsi très contrasté. Après un mois d’avril confiné à 5,5% sous le niveau d’avant crise, l’activité du mois de mai serait revenue à 4% sous ce niveau et celle de juin à 2,5%.

Au total le PIB français progresserait de 0,7% au T2 après -0,1% au T1. Un rebond porté par la consommation des ménages, largement moins bridée à la fin du trimestre qu’au début. Comme l’an dernier à pareille époque, le rebond serait aussi rapide et ample.

Selon les enquêtes de conjoncture, tant les chefs d’entreprises que les ménages semblent balayer les doutes qui peuvent subsister quant à l’éventuelle persistance de la pandémie : l’espoir représenté par la vaccination passe devant la menace de nouveaux variants. En juin, la confiance des ménages a ainsi retrouvé son niveau d’avant crise et le climat des affaires se situe au plus haut depuis 2007.

L’activité économique française pourrait retrouver son niveau d’avant crise dès la fin 2021. L’Allemagne retrouverait également son niveau d’avant crise d’ici la fin 2021, précédée par les États-Unis qui l’aurait atteint dès ce printemps. Parmi les grandes économies européennes, l’Espagne resterait la plus affectée tandis que l’Italie et le Royaume-Uni seraient dans une situation intermédiaire.

La consommation des ménages et l’investissement des entreprises dépasseraient en France fin 2021 d’environ 1% leur niveau mesuré 2 ans plus tôt, et les importations retrouveraient le leur. En revanche, les exportations resteraient 4% sous leur niveau du T4 2019.

Au total, les croissances trimestrielles prévues au T3 (+3,4%) puis au T4 (+0,7ù) témoigneraient d’une reprise relativement rapide. Le PIB progresserait de 6% en 2021 après -8% en 2020, porté essentiellement par la demande intérieure et notamment la consommation des ménages (+5,2% après -7,2% en 2020). La contribution des échanges extérieurs à la croissance annuelle serait quant à elle légèrement négative.

A l’appui de cette analyse, voici les chiffres de la semaine.

Selon l’INSEE, les dépenses de consommation des ménages en France rebondissent fortement en mai (+10,4%) après la forte baisse d’avril liée au 3ème confinement. Ce rebond est porté par les achats de biens fabriqués (+26,0%) avec la réouverture de l’ensemble des commerces le 19 mai et dans une moindre mesure par les dépenses en énergie (+2,6%) et l’habillement-textile (+149,2%).

Toujours selon l’INSEE, en France en juin 2021 la confiance des ménages augmente nettement, à 102 l’indicateur gagne 4 pts et dépasse sa moyenne de longue période pour la 1ère fois depuis le début de la crise sanitaire. Nette baisse des craintes sur le chômage et nette hausse des attentes sur le niveau de vie.

D’ailleurs le taux de chômage en Eurozone a baissé à 7,9% en mai contre 8,1% en avril. Il a baissé partout sauf au Portugal.

Selon Refinitiv, baisse de l’inflation en Eurozone en juin à 1,9% vs 2% en mai et de l’inflation sous jacente à 0,9% vs 1,0%. Cette dernière se situe seulement 0,1% au-dessus de son niveau de juin 2020 (0,8%) ce qui montre la différence de situation entre l’Europe et les États-Unis.

L’Economic Sentiment Indicator (ESI) de la Commission Européenne mesuré par Refinitiv s’améliore encore passant de 114,5 en mai à 117,9 en juin, bien au-dessus  du consensus et au plus haut depuis mai 2000. L’amélioration est générale, l’Allemagne atteignant un niveau record, une seule exception notable l’Espagne où aussi bien le moral des ménages que la confiance des entreprises reculent.

Enfin l’indice PMI Markit pour l’industrie manufacturière de l’Eurozone a atteint un nouveau sommet historique en juin à 63,4 vs 63,1. La production a augmenté à un rythme soutenu tandis que la croissance de l’emploi a atteint un record historique.

Le classement des pays par niveau d’indice PMI manufacturier pour juin est le suivant : Pays-Bas 68,8, Autriche 67,0, Allemagne 65,1, Irlande 64,0, Italie 62,2, Espagne 60,4, France 59,0 et Grèce 58,6.

Aux États-Unis aussi, les indicateurs manufacturiers publiés sont sortis à de très hauts niveaux.

L’ISM manufacturier, à 60,6 en juin, est pour le 4ème mois consécutif au-dessus de 60, la plus longue série depuis 2004.

Sa lecture est confortée par celle de l’IHS Markit US Manufacturing PMI, à 62,1 en juin comme en mai. Les nouvelles commandes et la production progressent à leur rythme le plus élevé depuis 2007.

Les chiffres les plus attendus de la semaine aux États-Unis étaient ceux du rapport mensuel sur l’emploi de juin du Bureau of Labor Statistics. A 850k ils dépassent largement les attentes de 720k alors que mai a été révisé à la hausse à 583k. La hausse mensuelle des salaires semble ralentir à +0,3% vs +0,5% en mai.

Les flux sur les OPCVM et les ETF actions sont toujours aussi impressionnants. Michael Hartnett (BofA) fait remarquer que la collecte du S1 de 1 200 MM$ est supérieure à celle cumulée des 20 années précédentes de 800MM$ !

Selon EPFR Global, la dernière semaine de juin (24 au 30) a vu la tendance se poursuivre et atteindre des niveaux record avec des souscriptions bien réparties géographiquement et sectoriellement.

Le rythme des souscriptions sur les marchés européens ne ralentit pas , 0,6% à 0,8% des AUM sur les 4 dernières semaines et depuis le début de l’année 2,9% des AUM pour la France, 2,8% pour l’Allemagne, 3,7% pour les Pays-Bas et sur les marchés plus petits et moins liquides 4,5% des AUM pour l’Irlande et 4,8% pour l’Italie.

Bonne semaine pour nos fonds, et en particulier Erasmus Small Cap Euro, en avance sensible sur sa référence et qui repasse les 20% de hausse depuis le début de l’année. Aymeric pour ce fonds est le seul à procéder à une opération cette semaine : il achète l’entreprise allemande Eckert & Ziegler un des premiers fabricants mondiaux de produits isotopes pour usage industriel, scientifique ou médical que Léa avait entré dans Erasmus Mid Cap Euro la semaine dernière.

Les révisions à la hausse des prévisions bénéficiaires des consensus FactSet continuent, elles accélèrent même sur l’Europe à +2,1% sur le dernier mois. L’explication que nous trouvons à cette situation très rare est que lors des appels des analystes aux entreprises avant les 3 semaines pré publication où elles n’ont pas le droit de communiquer , les directions financières les incitent à réviser leurs prévisions à la hausse. Nous sommes certains que cela a été le cas pour le secteur du luxe si important pour l’indice français et nous avons vu aussi Pernod-Ricard et Rexel faire des alertes à la hausse de leurs attentes.

En Europe pour le Stoxx600, la croissance annuelle attendue est +69,4% pour 2021 et +11,6% pour 2022. Aux États-Unis pour le S&P500 la croissance annuelle 2021 est attendue à +42,2% et à +9,7% pour 2022.

Jean-François GILLES, Président du directoire d’Eramus Gestion

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