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Point Bourse Hebdomadaire du 23 avril 2019 : Progrès dans les négociations Progrès sur les marchés

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré que les États-Unis et la Chine effectuaient des progrès dans leurs négociations commerciales. Il considère que les deux camps se rapprochent de leur ultime cycle de discussions.

Dans la foulée vont commencer les négociations Europe/États-Unis et le lundi 15 avril le Conseil Européen a donné son accord à la Commission Européenne pour négocier malgré l’opposition de la France. Bruxelles espère conclure avant le 31 octobre, date de formation de la nouvelle Commission Européenne.

Plus que les publications économiques médiocres cette semaine, ce sont toujours les progrès de ces négociations qui tirent les marchés. A tord ou à raison ceux-ci y voient la condition d’un rebond de la croissance dans les trimestres à venir.

Selon son estimation Flash, l’indice PMI IHS Markit Composite pour l’Eurozone se replie de 51,6 en mars à 51,3 en avril. Il affiche ainsi son 3ème plus faible niveau depuis novembre 2014.

L’expansion du volume des nouvelles affaires ne s’est que très légèrement renforcée par rapport au mois de mars, à un rythme proche de la stagnation. Les ventes à l’export ont fortement chuté et ont ainsi reculé pour le 7ème mois consécutif.

N’ayant pas enregistré de croissance depuis novembre 2018, le volume des affaires en attente a diminué pour la 4ème fois en 5 mois en avril.

Bien que la croissance de l’emploi se soit légèrement renforcée, son rythme reste parmi les plus faibles observés depuis 2016, la fragilité de la demande et les perspectives économiques incertaines poussant les entreprises à la prudence en matière d’embauches. Les perspectives d’activité à 12 mois se sont en effet maintenues à l’un de leurs plus bas niveaux depuis la fin de l’année 2014, la confiance des entreprises reculant pour le 2ème mois consécutif.

Ce recul de l’optimisme est notamment attribuable au récent affaiblissement de la demande ainsi qu’aux prévisions de ralentissement de la croissance économique. Les entreprises interrogées se sont, de manière plus spécifique, dites préoccupées par la montée des incertitudes politiques – notamment liées au Brexit, aux guerres commerciales et au protectionnisme – et par les difficultés actuelles du secteur automobile.

Dans le secteur manufacturier, la production a reculé pour le 3ème mois consécutif et les nouvelles commandes pour le 7ème, bien que la contraction ralentisse. Les fabricants de la zone euro ont réduit leur activité achats au cours du mois tandis que la croissance de l’emploi a continué d’afficher un rythme proche de la stagnation et nettement inférieur à celui observé il y a un an. L’indice PMI manufacturier s’est par conséquent maintenu en-dessous de la barre des 50 pour le 3ème mois consécutif tout en se redressant par rapport à mars.

La croissance du secteur des services a marqué le pas par rapport au pic de 4 mois atteint en mars. L’expansion du volume des nouvelles affaires a ralenti, le travail en attente a, pour le 2ème mois consécutif, très légèrement reculé et les perspectives d’activité se sont quelque peu détériorées. La croissance de l’activité s’est toutefois légèrement accélérée par rapport à mars, son taux atteignant un pic de 5 mois.

Se redressant de 48,9 en mars à 50, l’indice Flash PMI IHS Markit pour la France signale une stabilisation de l’activité.

L’enquête met en évidence une hausse marginale dans le secteur des services ayant permis de compenser le fort recul de la production manufacturière. Si les prestataires de services signalent la plus forte progression de leur activité depuis 5 mois, les fabricants indiquent le plus fort taux de contraction depuis avril 2015. 

Malgré cette stabilisation de l’activité, le volume des nouvelles affaires a de nouveau diminué en avril. Le taux de contraction est toutefois plus faible qu’en février et ne signale qu’une baisse marginale de la demande au cours du mois, la baisse des nouvelles commandes dans le secteur manufacturier ralentit et elles restent stables dans les services.

Parallèlement les nouvelles affaires à l’export ont de nouveau reculé, leur taux de contraction se replie tout en restant élevé.

Les affaires en cours ont diminué pour le 2ème  mois consécutif, mais le taux de contraction fléchit et ne signale qu’une baisse modérée des encours. L’affaiblissement du repli des affaires en attente chez les prestataires de services a en effet atténué l’impact de la plus forte contraction des arriérés de production signalée depuis 3 ans dans le secteur manufacturier.

Malgré les difficultés de recrutement, les répondants ont indiqué une accélération de la hausse de leurs effectifs en avril. Cette progression, toutefois modérée, de l’emploi a été supportée par une accélération des créations de postes dans les deux secteurs étudiés.

Enfin, les perspectives d’activité en France et à 12 mois affichent en avril un plus haut de 9 mois. Les deux secteurs étudiés affichent en effet un regain de confiance, les entreprises interrogées fondant leur optimisme sur des projets visant à améliorer leur productivité.

L’indicateur anticipé allemand ZEW a également apporté une touche d’optimisme. Si, à 11,1, la situation actuelle se détériore modérément (-3,9 pts), les perspectives rebondissent fortement à -3,6 (+9,8 pts), ces chiffres semblent confirmer que le pire du creux d’activité en Allemagne serait maintenant derrière nous.

Il faut signaler que dans l’enquête ZEW, dont la réputation s’est construite sur l’économie allemande, les autres indicateurs anticipés régionaux : Grande-Bretagne (+14,9pts),Eurozone (+14,1 pts), États-Unis (+12,2), Italie (+8,6), France (+7,6) et Japon (+4,5) suivent la même évolution. Ceci laisse espérer un rebond général de l’activité d’ici 6 à 12 mois.

C’est peut-être notre meilleure assurance que les négociations commerciales aboutiront : l’IHS Markit Flash US PMI continue de ralentir à 52,8 en avril vs 54,6, un plus bas de 31 mois qui touche particulièrement le secteur des services (52,9 vs 55,3). L’indice composite est à son niveau le plus faible depuis septembre 2016.

Ce recul de l’activité a pour cause une demande plus faible et un repli des nouvelles commandes pour le 2ème mois consécutif qui les amène à leur niveau le plus faible depuis 2 ans.

Le ralentissement des nouvelles commandes fait diminuer le travail en attente. Ceci amène les entreprises à ralentir les embauches et la hausse des effectifs est la plus faible depuis avril 2017.

Le ralentissement de l’activité et des commandes affaiblit les perspectives et l’optimisme des répondants recule à son plus bas niveau depuis juin 2016.

L’Empire State Manufacturing Survey nous dit la même chose pour la région de New York : si l’activité reste à un bon niveau, les perspectives se détériorent sous l’effet d’un recul des nouvelles commandes qui se répercuté sur les carnets de commandes également en retrait. En conséquence les entreprises diminuent les créations de postes.

Pour autant, la situation de l’emploi favorise la consommation et les ventes au détail ont progressé de 1,6% m/m en mars, progression la plus forte depuis septembre 2017. Sur le T1, et hors variations saisonnières, les ventes au détail sont en progression de 2,6%, un niveau bien plus élevé que celui du T4 2018 qui devrait supporter la croissance trimestrielle.

Par contre, la production industrielle, en recul de 0,1% en mars, décline de 0,3% sur le T1, ce qui ramène sa progression annuelle de 3,5% à 2,8%. C’est certes mieux que les autres économies développées qui enregistrent de plus forts replis mais cependant une confirmation que les États-Unis n’échappent pas au ralentissement manufacturier global.

Nous reprenons ci-dessous l’analyse des flux de « The Daily Finance » : « Les flux continuent de se porter sur les fonds obligataires qui ont collecté 14,3 milliards $ au cours de la 2ème semaine d’avril. Les fonds actions sont toujours en décollecte avec 2,6 milliards $ de sorties malgré une reprise de la collecte pour les fonds actions US. Les fonds en dettes émergentes collectent fortement aussi.

La sortie des fonds actions émergents est maintenant interrompue, faisant suite à un rebond des indices EM. L’argument sous-tendant ce retour en faveur des actions EM est l’espoir que les tensions commerciales vont se calmer. Ce sont les fonds actions globales émergentes qui en ont profité le plus.

Les fonds actions pays développés sont toujours mal orientés en termes de collecte. Les fonds US ont collecté mais cela a été contrebalancé par la décollecte sur les fonds globaux (-22milliards $ ytd), les fonds actions européennes et les fonds actions Japon.

Si au cours des années passées les fonds actions small, mid et large cap ont pu connaître des flux différents, ce n’est pas le cas actuellement, tout le monde décollecte de la même façon. Il n’est donc pas question d’arbitrage de risques mais bien de sorties globales de l’Europe. »

Sur la semaine écoulée, les marchés clôturent en légère hausse en Europe : Stoxx600 +0,76%, EuroStoxx50 +1,5%, CAC40 +1,4% et DAX +1,9%, stables aux États-Unis, S&P500 -0,1% et Nasdaq +0,2% et en hausse plus vive en Asie : Nikkei225 +1,7% et Shanghai SE +1,9%.

Le secteur Automotive du Stoxx600 continue de tirer profit de l’effet Brexit reporté et des négociations sino-américaines (+3,7%), suivi des Médias +2,9% et de l’Assurance +2,8%.

Le secteur de la Santé (-2,6%) affiche la plus mauvaise performance de la semaine. Nous assistons actuellement à une rotation sectorielle. A noter également le risque politique US pour 2020 qui fait craindre aux investisseurs une chute des bénéfices pour le secteur car les propositions pour la réforme du système de santé Medicare for All avancées par les démocrates pourraient être assorties d’une chute des prix des médicaments ; Autres reculs, les Matériaux de base (-1,4%) et l’Immobilier (-0,6%).

Toujours de révisions en baisse des prévisions bénéficiaires JCF/Fates sur le Stoxx600 et le S&P500 alors que les publications du T1 avancent bon train. En Europe croissance annuelle attendue de +7,6% pour 2019 et de +8,7% pour 2020 et aux États-Unis 2019 est attendue à +3,1% et 2020 à +9,6%.

A noter pour les grands indices zone euro la croissance des BPA 2019 est attendue à +5,4% pour le DAX, 13,3% pour le CAC40, 8,2% pour le MIB et 10,1% pour l’IBEX35.

Jean-François GILLES

Président du directoire d’Erasmus Gestion

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