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Entre les perspectives de croissance, d’inflation et donc de taux d’intérêts aux États-Unis et en Europe.

La remontée des taux longs américains et celle, plus modeste, du dollar s’est accentuée la semaine passée avec le vote, puis la signature par Joe Biden, du plan de relance complémentaire de 1 900MM$ de la nouvelle administration américaine.

Dès lors se pose la question de savoir quelles prévisions seront révisées à la hausse mercredi lors de la réunion du comité de la Federal Reserve. A la lecture de ces révisions, les exégèses porteront sur l’intensité à venir des actions de la banque centrale.

Du côté de la BCE, la situation n’est pas du tout la même car le déploiement de la reprise sera en Eurozone beaucoup plus lent. Dès lors, et au soulagement des marchés, Christine Lagarde a pu annoncer que la BCE allait renforcer l’intensité de ses achats d’actifs pour les 3 prochains mois afin de contenir la remontée des taux européens.

La publication le 8 mars du dernier Sentix Economic Index donne une bonne indication de la hiérarchie de la reprise.

L’Asie ex Japon est en plein boom, son index, à 33,5, est au plus haut depuis février 2013. Le reste du monde st en reprise, mais différenciée.

L’économie globale progresse depuis 11 mois et se trouve au plus haut depuis mars 2018 à 20,5, les États-Unis connaissent aussi un rebond depuis 11 mois, à 25,5 l’index est au plus haut depuis août 2018. Il faut bien dire que si l’Eurozone va mieux, son index n’est qu’à 5 et il était encore négatif le mois dernier.

Il y a donc bien découplage.

Aussi on comprend bien le côté colombe du communiqué du 11 mars de la BCE.

En annonçant que le rythme des achats de l’enveloppe du programme d’achats d’actifs lié à la pandémie (PEPP) serait significativement plus haut au cours du trimestre à venir, la BCE suggère au minimum qu’elle fera tout pour empêcher la remontée des taux longs €. Elle dit d’ailleurs clairement qu’elle va le faire pour prévenir tout durcissement des conditions financières.

Cette annonce a déjà produit ses fruits sur les marchés de taux bien sûr, actions aussi.

La BCE a sérieusement révisé ses prévisions d’inflation pour 2021, les portant de 1,0% à 1,5%. Par contre elle maintient sa prévision de 104% pour 2023, ce qui est aussi très rassurant même s’il est probable que l’inflation en Eurozone dépassera 2% une partie de cette année et touchera même 3,5% en Allemagne.

Parmi les rares publications de la semaine, il faut souligner les chiffres de la production industrielle de janvier, en expansion une fois de plus. Il devient de plus en plus probable, en dépit des spécificités de la récession que nous venons de traverser, que le manufacturier aura une fois de plus son rôle précurseur.

Les chiffres du commerce extérieur montrent aussi que le rebond des échanges continue et à un rythme fort en ce début d’année. Comme au T4 2020, la vigueur du secteur manufacturier pourrait largement compenser la faiblesse du commerce de détail et des services au T1 2021.

La réunion de la Fed du 17 mars et la mise à jour de son scénario seront particulièrement suivies alors que les investisseurs financiers s’interrogent de manière croissante sur le niveau de taux qui est jugé acceptable par l’institution. Au moment où j’écris ces lignes, le 10 ans US est à 1,62% vs -0,31% pour le Bund, il y a bien longtemps que nous n’avions pas eu un tel spread et il pourrait provoquer une reprise sérieuse du $. Les derniers propos de Jerome Powell n’ont pas éclairci suffisamment les marchés, ce qui, avec le communiqué de la BCE, a provoqué une nouvelle poussée haussière la semaine dernière sur les taux US avec une réaction immédiate sur le NASDAQ. La conférence de presse de la Fed sera l’occasion d’évaluer l’impact de la relance budgétaire et de l’amélioration sanitaire sur le scénario de la banque centrale.

Au sujet de l’inflation, les chiffres publiés mercredi sont plus faibles qu’attendu, au moins pour le moment. Si l’inflation faciale monte de 0,4% en février, passant en rythme annuel de 1,3% à 1,7%, l’inflation sous jacente qui exclut l’agro-alimentaire et l’énergie, ne progresse que de 0,1% ramenant sa hausse sur un an à 1,3% vs 1,4%, proche de ses plus bas récents. Progression de 3,8% des prix de l’énergie, appelés à progresser encore dans les mois à venir.

La NFIB (National Federation of Independent Businesses) signale à nouveau, pour la 1ère fois depuis le début de cette récession, la difficulté de trouver du personnel qualifié.

Dans un rapport trimestriel de la Fed, le Report on Balance Sheets of Households and Nonprofit Organisations, elle annonce que la richesse des ménages est montée fin 2020 à un plus haut historique de 130,2MMM%$, 10,1% au-dessus de son niveau du T4 2019.Leurs actifs sont de 147,1MMM$ (+9,4% y/y) dont 32MMM$ en immobilier et 104,6MMM$ en actifs financiers dont 60,8MMM$ en mutual funds,  ETF et plans de retraite. Leurs dettes, 17MMM$ (+4% y/y), continuent de croître à un rythme moindre que le revenu des ménages.

C’est donc sans surprise que la confiance des ménages, mesurée par l’Université du Michigan, a une nouvelle fois surpris à la hausse à 83,0 vs 78,0 attendu et 76,8 en février. Aussi bien les perspectives (77,5 vs 70,7) que la situation actuelle (91,5 vs 86,2) sont en hausse.

L’inflation en Chine continue son repli, mais les chiffres du mois sont à prendre avec des pincettes compte tenu du décalage de l’année lunaire. L’inflation sous jacente comme celle des prix à la production semblent indiquer que ce repli est temporaire et justifier l’action des autorités visant à un meilleur contrôle du crédit maintenant que l’activité économique est revenue à la normale.

Les goulots d’étranglement logistiques en cours depuis quelques mois ne s’améliorent pas. Selon le Marine Exchange of Southern California & Vessel Traffic Service LA/Long Beach, 30 navires porte-containers étaient ancrés en attente devant ces deux ports, principales portes d’entrée du commerce Asie États-Unis, cette semaine, contre 10 en moyenne au T4 2020 et moins de 5 les trimestres précédents. Et 18 doivent arriver dans les 3 prochains jours dont 10 seront obligés de se mettre à l’ancrage. Le temps d’attente moyen de déchargement est supérieur à 7 jours.

La tension logistique ne faiblit donc pas et la hausse des prix va avec.

Le consensus des BPA 2021 pour le Stoxx600 a été révisé à la hausse la semaine dernière de 0,2%, il est maintenant 4% au-dessus de son niveau de décembre, 36% au-dessus des BPA 2020 mais encore 4% au-dessous des BPA 2019. Au niveau sectoriel, les BPA 2021 sont le plus révisés à la hausse cette semaine pour l’Automobile (+2,4%), l’Énergie (+1,9%) et les Banques (+1,5%). Depuis décembre se sont les Produits de Bas (+39%), l’Automobile (+14%), l’Énergie (+14%) et les Banques (+8%) qui font l’objet des plus fortes révisions alors que les secteurs défensifs comme la Santé (-4%), l’Immobilier (-4%), l’Agro-Alimentaire (-2%) sont revus à la baisse comme, c’est plus surprenant, Voyages & Loisirs dont les BPA 2021 sont encore prévus à 25% de ceux de 2019 !

Flux toujours positifs sur les Equities, ETF +0,5% des AUM sur la semaine et +3,4% YTD, Long Only +0% sur la semaine et +0,8% YTD. Cette semaine retraits sur es Obligations (-0,2%) mais +1,4% des AUM YTD, retraits sur les Commodities (-0,7%sur la semaine et -0,5% YTD) et stabilité sur le monétaire.

Sur les Equities, toutes les zones géographiques ont collecté et au niveau sectoriel se sont les Financières (3,2MM$) et l’Énergie (3,2MM$) qui mènent la danse mais ces secteurs sont suivis de la Santé (0,9MM$) et de la Technologie (0,7MM$).

Nous continuons à surpondérer a value qui a surperformé la croissance de 15% depuis début novembre, aidée par une hausse de 75bp des Treasuries. Comme nous attendons la poursuite de ce mouvement avec l’accélération de la croissance globale, les mêmes causes devraient produire les mêmes effets.

Très peu de mouvements cette semaine qui a été une bonne semaine pour nos fonds qui ont fait mieux que la belle hausse des marchés.

Achat d’opportunité par Léa pour Erasmus Mid Cap Euro, M6 métropole Télévision à la veille de l’annonce de sa mise en vente par Berstelman. Aymeric réduit dans Erasmus Small Cap Euro le poids des entreprises de croissance en cédant HelloFresh et Teamviewer.

Jean-François GILLES

Président du directoire d’Erasmus Gestion

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