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Premières lueurs d’espoir

Les nouvelles commandes de l’enquête PMI Markit pour l’Eurozone qui sont un bon indicateur du momentum des marchés actions, progressent en mai de 14,7 pts à 28,4 vs 13,6. C’est la plus forte hausse jamais enregistrée et elle fait suite à une décrue continue depuis les 59 de décembre 2017. C’est cependant un niveau qui indique encore un déclin entre avril et mai.

D’autres mesures aussi, comme l’indicateur des déplacements Google Mobility suggèrent que l’activité a commencé à se redresser mais cela n’est pas encore entré dans les données collectées par Markit.

La hausse des marchés est cohérente avec un PMI Eurozone à 37, il est à 30,5 : les marchés ont donc anticipé.

Dans le même temps les gouvernements lèvent graduellement les mesures de confinement sans que cela ait déclenché des signes sérieux d’une seconde vague de la pandémie ; l’activité doit donc continuer son redressement.

Les objectifs de certains économistes, PMI à 53 en août, 58 en septembre, s’ils étaient atteints, laisseraient une marge de progression de 15% aux marchés, soit un CAC à 5060 pts, encore 18% sous son niveau de début mars.

La contraction sans précédent de l’économie de l’Eurozone s’est poursuivie en mai, les dernières données PMI flash signalent toutefois un ralentissement de la contraction, la levée progressive des mesures de confinement ayant permis une reprise de certaines activités.

L’indice PMI Composite flash IHS Markit s’est redressé par rapport à son creux historique d’avril (13,5) pour s’établir à 30,5 en mai. Il continue cependant d’indiquer un taux de contraction jamais atteint avant le début de la crise sanitaire. Le creux historique précédent de 36,2 avait été enregistré au plus fort de la crise financière mondiale en février 2009.

Le redressement de l’indice PMI reflète un fort ralentissement de la contraction par rapport au rythme record enregistré en avril, la contraction de la conjoncture s’est atténuée tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services. Cette tendance reflète à la fois une réduction du nombre d’entreprises signalant une baisse de leur activité et une augmentation de celles en signalant une hausse.

L’indice de l’activité commerciale du secteur des services s’est redressé de 12,0 en avril à 28,7 en mai. L’activité des secteurs de l’hôtellerie, des voyages, de la restauration, du tourisme et de tous types de services aux consommateurs a toutefois continué à subir les répercussions sévères des règles de distanciation sociale et autres mesures de confinement. Leur activité une fois ces mesures levées devrait susciter un nouvel et fort rebond de l’indice.

L’indice de la production du secteur manufacturier s’est également redressé de 18,4 en avril à 35,4.

En conséquence, l’emploi a continué de reculer en mai, et ce, à un rythme inégalé avant la crise du COVID-19, le taux de suppression de postes ne s’étant que légèrement replié par rapport à son sommet historique d’avril. Les deux secteurs signalent des réductions d’effectifs similaires.

Si les dispositifs de chômage partiel et d’arrêts de travail ont fréquemment permis d’éviter des suppressions de postes, le maintien à long terme des emplois dépendra de la rapidité à laquelle les entreprises pourront remplir leurs carnets de commandes car le volume des affaires en cours a de nouveau fortement diminué.

Les indicateurs prospectifs d’activité se sont redressés en mai, cette amélioration devant toutefois être relativisée à l’aune des très faibles niveaux précédents. La demande s’est à nouveau effondrée dans les deux secteurs, portant le taux de contraction global du volume des nouvelles affaires à son 3ème plus faible niveau historique. La baisse des nouvelles affaires a toutefois ralenti vs avril tendance indiquant que le plus fort de la crise pourrait être passé.

Les perspectives d’activité se sont à nouveau améliorées par rapport au creux historiques de mars. Le nombre d’entreprises se disant pessimistes quant à leur niveau d’activité à 12 mois continue toutefois de dépasser celui des entreprises qui anticipent une hausse prochaine de leur activité, le taux de confiance global demeurant ainsi inférieur à tous ceux enregistrés avant la crise sanitaire.

Les tendances par pays sont conformes au rythme de déconfinement : Allemagne le PMI composite rebondit de 17,4 à 31,4, la France a environ 3 semaines de décalage sur l’Allemagne et son PMI est à 30,5 vs 11,1, soit légèrement sous le niveau allemand tout en rebondissant davantage, et la Grande-Bretagne, à nouveau 3 semaines de décalage vis à vis de la France, passe de 13,8 à 28,9.

Il est un peu tôt pour parler dans le détail du plan européen de relance présenté par l’Allemagne et la France :il doit être formalisé la semaine prochaine par la Commission Européenne qui devra l’aménager pour faire tomber quelques réticences avant d’être proposé au vote des chefs d’état de 19 juin.

Il est cependant utile de mentionner son esprit en reprenant son introduction :

« La crise en cours est sans précédent dans l’histoire de l’Union Européenne. Il n’est pas une existence, pas une activité ou profession qui n’est pas touchée par ce choc global. Alors que nos sociétés et nos économies sont entrain de chercher à sortir du confinement, les incertitudes restent très élevées. Notre objectif cependant est clair : l’Europe gérera cette crise ensemble et en sortira plus forte qu’avant. Réussir une relance soutenable pour l’Union Européenne guide nos efforts conjoints. Nous, Allemagne et France, sommes pleinement conscients et prêts à assumer nos responsabilités pour l’Union Européenne et nous aiderons à tracer le chemin de sortie de cette crise. »

Il est également utile de mentionner son montant, 500 MMM, qui, ajouté aux programmes déjà décidés par la Commission Européenne et la BCE, porte le package européen à 2 540 MMM, soit l’équivalent des programmes américains.

Parmi les autres publications de la semaine, notons l’inflation en Eurozone qui tombe en avril à 0,3% sur un an vs 0,7%, tirée vers le bas par l’énergie, le ZEW allemand qui voit un fort rebond des perspectives à 6 mois, tant pour l’Allemagne (51,0 vs 28,2) que pour l’Eurozone (46,0 vs 25,2), et la confiance des consommateurs mesurée par la Commission Européenne qui de redresse un peu à -18,8 en mai vs -22,0 en avril, bien au-dessus du consensus (-24,0).

L’IHS Markit Flash US Composite PMI est sorti à 36,4 en mai vs 27,0 en avril, avec les Services à 36,9 vs 26,7 et le Manufacturier à 39,8 vs 36,1.

Ce faible niveau d’activité aux États-Unis se répercute sur les inscriptions hebdomadaires au chômage, à 2 438K vs 2 687K la semaine précédente ; depuis le début du confinement se sont 36,8 millions d’américains qui se sont inscrits au chômage.

Le Philly Fed se redresse un peu à -43,1 vs -56,6 mais moins qu’attendu (-40,0).

L’immobilier résidentiel envoie des messages plus encourageants.

L’indice de la NAHB (National Association of Home Builders) reste à un niveau faible mais rebondit à 37 vs 3 et des attentes à 35, les demandes de prêts hypothécaires ont repris plus de la moitié de leur chute des deux derniers mois et les recherches de logements sur Google sont au-dessus de leur pic d’avant virus.

Si les demandes de permis de construire (-20,8% en avril) et les mises en chantier (-30,2%) reculent, c’était inévitable avec le confinement mais les ventes de maisons existantes ont en avril moins diminué qu’attendu (-17,8%) et les prix des logements continuent de progresser à un rythme bien supérieur à celui de l’inflation.

Les informations sur les paiements par cartes bancaires que j’ai donné la semaine dernière m’ont valu quelques questions. J’y réponds pour l’ensemble de nos lecteurs.

Elles concernent les cartes BAC internal data, cad Bank of America et tous ses affiliés, cad encore une famille américaine sur 6.

Le chiffre de -105% mentionné pour les Airlines signifie qu’il y a eu plus de remboursements que de ventes.

Et les chiffres de la dernière semaine, nous les avons jusqu’au 16 mai, confirment les forts reculs des voyages, hébergements, loisirs, grands magasins et habillement, le doublement des achats online avec en tête l’électronique (+142% !) et le bricolage (+30%).

Il était anticipé que le National People’s Congress (NPC) chinois dévoilerait des plans complémentaires de soutien à l’activité : ils ont été au rendez-vous. Le stimulus peut être évalué à 4,5% du PIB, à peu près équivalent à celui de 2009 et la Chine budgète un déficit de 3,6% pour la 1ère fois supérieur à 3% (record de 2009).

Au delà du déficit budgétaire, l’état émettra un emprunt antivirus de 143 MMM$ et les collectivités voient leur quota d’émissions obligataires passé de 2,15 trillions RMB à 3,75, soit une augmentation de 225MMM$.

Le focus sera d’une part les « nouvelles infrastructures », réseau 5G, voitures électriques, data centers, etc.. plus quelques « vieux » secteurs, autoroutes, métros et réseaux électriques, d’autre part ménages et SME avec réductions d’impôts, exemption de la TVA et des charges.

L’objectif de croissance est abandonné et celui du chômage fixé à 6%.

Ce budget très infrastructures semble positif pour Exane BNPP pour les matières premières, métaux en particulier.

Pour finir quelques mots sur la consommation en Chine.

Selon la source TVA, progression des ventes au détail de 15% sur un an (1 au 14 mai) et 92% des services aux consommateurs ont repris leur activité vs 76% à fin avril.

Au 11 mai, 39% des élèves étaient de retour en classe. Le trafic routier dans les villes est revenu à la normale, la fréquentation du métro atteint 70%+ de son niveau d’avant confinement.La consommation de charbon par les centrales électriques est au-dessus de son niveau d’il y a un an et la pollution de l’air est revenue au niveau de 2019.

Après un bon mois d’avril (rattrapage ?) début mai les ventes automobiles sont en léger recul y/y, les ventes de logements restent fortes et les prix des denrées alimentaires, après une flambée pendant le confinement, continuent leur repli.

Sur la semaine les marchés clôturent en forte hausse : S&P500 +3,1%, Nasdaq +3,4%, Stoxx600 +3,6%, EuroStoxx50 +4,9%, CAC40 +3,9%, DAX30 +5,8%, Nikkei225 +1,8% et Shanghai SE -1,9%, avec le Bund en hausse de +4,4bp à -0,49% et le 10 ans US de 1,7bp à 0,66%, l’€ s’apprécie de 0,56% face au $ à 1,0901.

Au niveau sectoriel et pour le Stoxx600, en tête Matériaux de base +7,4%, Voyages & Loisirs +7,3% et Automobile +6,9% et en queue Agro-Alimentaire et Télécoms +1,3% et Santé +1,7%.

Nos fonds qui s’étaient très bien comportés dans le recul de la semaine précédente, ont aussi bien accompagné la hausse des marchés.

Pas de mouvements sur FCP Mon PEA. Pour Erasmus Mid Cap Euro Aymeric a acheté EDP Renovaveis, spécialiste portugais de la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, éolienne et hydraulique. Hugo pour Erasmus Small Cap Euro a travaillé la part allemande de son portefeuille en cédant la SSII DataGroup SE et achetant Steico SE qui produit et distribue des matériaux de construction écologiques et LPKF Laser & Electronics AG spécialisée dans le développement de systèmes lasers et de solutions de traitement pour la technologie des circuits imprimés (PCB) et la microélectronique.

Bonne semaine à tous.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d’Erasmus Gestion

Lire le point bourse de la semaine dernière : https://www.tanguyfinances.fr/reouverture-des-economies-en-europe/

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