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Rebond sans emballement

Les chiffres de l’emploi américain ressortis en dessous des attentes ont sensiblement réduit les craintes d’une réduction prématurée du soutien de la Fed. Ils montrent que l’accélération de la croissance aux États-Unis va mettre du temps à se transformer en une normalisation de la situation sur le marché du travail.

Le redémarrage plus tardif en Europe ne rencontre pas, du moins pas encore, cette difficulté. En effet les systèmes de protection sociale européens ont bien joué leur rôle préventif et le taux de chômage de l’Eurozone a fort peu augmenté par rapport à son niveau pré-pandémie.

Autre différence importante entre les deux continents, l’écart significatif en matière d’inflation. Si elle est à la hausse partout, seule l’inflation américaine perturbe les marchés. A ce sujet la publication en fin de semaine prochaine de l’inflation US pour le mois de mai, attendue à 4,5%, sera suivie avec une grande attention.

La croissance s’est accélérée dans l’Eurozone en mai, tendance qui reflète notamment le rebond de l’activité des services (55,2 vs 50,5 en avril). Se redressant de 53,8 en avril à 57,1, l’indice PMI composite IHS Markit signale une 3ème hausse mensuelle consécutive, le taux d’expansion ayant atteint son plus haut niveau depuis février 2018.

Le redressement de l’indice a reflété une nette accélération de la croissance des services où l’activité progresse pour le 2ème mois consécutif et à son rythme le plus soutenu depuis 3 ans. La hausse de l’activité manufacturière est toutefois restée plus marquée que celle des services.

De tous les pays couverts par l’enquête, c’est l’Irlande (63,5) qui a enregistré l’expansion la plus marquée avec une hausse record depuis plus de 21 ans que les données sont collectées. L’Espagne (59,2) a également enregistré de très bonnes performances, à un sommet de 14,5 ans tandis qu’en France (57,0) l’activité a augmenté à son rythme le plus soutenu depuis 10 mois.

Le rythme de l’expansion s’est légèrement renforcé en Allemagne (56,2) tandis que l’Italie (55,7) malgré une accélération, s’est de nouveau inscrite au bas du classement.

Les données de l’enquête ont mis en évidence la plus forte croissance du volume des nouvelles affaires depuis juin 2006, tendance portée par le ; maintien d’une forte demande en biens manufacturiers mais aussi par une nette augmentation des nouveaux contrats dans les services.

La demande a progressé tant sur les marchés intérieurs qu’à l’étranger. Les ventes à l’export progressent pour un 6ème mois consécutif et la hausse de mai est la plus importante depuis le début de la collecte des données en septembre 2014.

Les entreprises ayant eu des difficultés à répondre à l’accroissement de la charge de travail, le volume du travail en attente a augmenté pour un 3ème mois consécutif et à son rythme le plus rapide depuis 18 ans.

Ces contraintes de capacité ont incité les entreprises à renforcer leurs effectifs pour un 4ème mois consécutif. Menée par l’Allemagne et l’Irlande, la croissance de l’emploi a affiché son rythme le plus marqué depuis plus de 2,5 ans.

La confiance des entreprises quant à une hausse de leurs volumes d’activité dans les 12 prochains mois s’est également renforcée atteignant son plus haut niveau depuis la mi-2012.

En ligne avec l’amélioration de la situation économique, le taux de chômage dans l’Eurozone s’est à nouveau réduit, 8,0% en avril après 8,1 en mars et 8,2 en février. Après avoir rebondi d’un plus bas pré-pandémie de 7,3% au T1 2020 à 8,7% en août et septembre l’an dernier, il se réduit progressivement depuis. La réouverture graduelle des économies, levées progressives des mesures de confinement et couvre feux, permet d’anticiper de nouvelles progressions de l’emploi.

Comme l’abondante épargne accumulée durant la période de distanciation sociale, cette amélioration du marché du travail devrait entraîner une belle hausse de la consommation privée les trimestres à venir. La croissance pourrait alors devenir auto-entretenue.

Le rapport sur l’emploi de mai du Bureau of Labor Statistics/Haver Analytics fait ressortir 559K créations d’emplois après les décevantes 278K créations d’avril. Les salaires ont progressé à nouveau de 0,5% m/m et le taux de chômage est revenu à 5,8%. Ces gains proviennent largement des Loisirs et de l’Hôtellerie-Restauration à la suite de la réouverture de l’économie.

L’IHS Markit US composite PMI pour mai s’établit à 68,7 vs 63,5 en avril : c’est le plus fort rebond depuis le début de la collecte des données en octobre 2009, aussi bien pour le manufacturier que pour les services.

La confiance des chefs d’entreprise continue de progresser, en particulier dans les services.

L’ISM manufacturier nous envoie le même message à 61,2 en mai vs 60,7 en avril, 4ème mois au-dessus de 60, confirmant la vigueur de la reprise.

Les États-Unis vont sans doute atteindre un pic de croissance au T2.

En Chine, l’effet de rattrapage s’estompe peu à peu, le pays étant sorti bien avant les États-Unis et l’Europe des séquences de confinement. Les PMI restent en phase d’expansion, à 52,0 (vs 51,9), pour le PMI manufacturier Caixin et 55,1 (vs 56,3) pour le PMI Caixin des services. La forte hausse du Yuan, de 7,15 Yuans pour un $ à 6,39 en un an, 11,89% de hausse, n’est pas non plus un atout pour les exportateurs chinois.

Les tendances de flux mesurées par EPFR Global restent les mêmes et la collecte du 27 mai au 2 juin sur les actions européennes est au plus haut depuis 4 mois, les actions japonaises et les secteurs financiers recevant aussi de belles souscriptions. Toujours aussi le même arbitrage en faveur de la value et au détriment de la croissance.

Pour les actions européennes, +5MM$ sur la semaine et +80MM$ depuis le début de l’année. La France continue de se distinguer avec une collecte nette de 3,14MM$ sur 4 semaines, suivie de l’Allemagne 2,64 et des Pays-Bas 1,61. Par rapport aux AUM et toujours sur 4 semaines, c’est l’Italie (0,9% des AUM) qui est en tête, suivie de l’Espagne et de l’Irlande (0,8% des AUM).

Pas de changement dans noter stratégie équipondérant les entreprises cycliques et les entreprises de croissance.

Belle semaine pour nos, fonds qui progressent plus que leurs indices de référence, bien plus même pour Erasmus Mid Cap Euro.

Pour FCP Mon PEA, un arbitrage dans l’aéronautique : suite à une bonne communication récente, Airbus prend la place de Thalès, et par ailleurs, avant la publication de l’inflation américaine de mai nous entrons BNPP en portefeuille. Léa pour Mid Cap achète Eurazeo, très active ces derniers mois et pas de mouvements sur Erasmus Small Cap Euro qui a franchi cette semaine les 20% de hausse depuis le début de l’année.

Révisions toujours à la hausse des estimations de BPA du consensus FactSet sur le Stoxx600 et le S&P500.

En Europe, croissance annuelle attendue de +65,6% pour 2021 (63,7% hors financières) et +12,2% pour 2022 (+12,7% hors financières). Aux États-Unis, la croissance annuelle 2021 est attendue à +41,5% (41,1% hors financières) et à +9,7% pour 2022 (+12,8% hors financières).

Jean-François GILLES

Président du directoire d’Erasmus Gestion

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