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Une bonne semaine

Dans cette période où aux habituelles incertitudes économiques s’ajoutent les incertitudes sanitaires, la semaine écoulée a apporté différents éléments de nature à rassurer.

Si la semaine précédente les indicateurs PMI de l’Eurozone avaient pu semer quelques doutes sur la poursuite du rebond de l’activité économique, l’enquête de l’INSEE pour la France comme le fiable indicateur allemand IFO les ont levés.

Aux États-Unis, consommation et investissement des ménages soutiennent l’activité et la confiance reste à un niveau élevé en dépit de la situation sanitaire incertaine.

C’est ce cocktail qui a permis aux marchés de gagner quelques points d’autant que les publications des entreprises n’ont pas déçus. Depuis trois mois les prévisions de résultats sont révisées à la hausse pour les entreprises américaines et depuis un mois en Europe.

Il me semble intéressant à la veille du retour des vacances de faire un point France plus détaillé en s’appuyant sur les enquêtes de conjoncture d’août de l’INSEE.

Elles confirment la poursuite du rebond de l’activité économique pendant l’été. L’évolution des climats des affaires reste marquée dans tous les secteurs par le calendrier du confinement/déconfinement. En effet la progression de l’indicateur synthétique (91 vs 84) tient beaucoup, en août, au redressement des soldes d’opinion sur l’activité récente, celle des 3 derniers mois. Ils traduisent donc, assez mécaniquement, la sortie du confinement.

Dans cette période qui reste particulière, la lecture des seuls indicateurs ne suffit donc pas à établir le diagnostic conjoncturel : la situation est si évolutive qu’il convient, au moins, de distinguer le jugement des entreprises sur leur activité récente de celui de leurs perspectives d’activité.

A l’inverse des soldes d’opinion sur l’activité des 3 derniers mois, ceux relatifs aux perspectives d’activité prévue dans les 3 prochains mois se tassent légèrement en août dans la plupart des secteurs. Ils avaient vivement rebondi ces derniers mois, traduisant là aussi la sortie du confinement, et dépassant souvent leur moyenne de longue période. La vigueur de ce rebond s’expliquait par la proportion élevée d’entreprises qui jugeaient que leur activité allait progresser, en comparaison du niveau très bas où elle était tombée durant le confinement.

Ce tassement des soldes d’opinion sur les perspectives d’activité ne doit donc pas être surinterprété. Il traduit sans doute le fait qu’une partie non négligeable du rattrapage d’activité a déjà été effectué, et ce assez rapidement. La vitesse de ce rattrapage pourrait par conséquent être moindre dans les prochains mois.

Les enquêtes trimestrielles de juillet 2020 faisaient apparaître une nette hausse des difficultés de demande venant limiter la production. Les enquêtes du mois d’août montrent que les carnets de commandes continuent certes de se regarnir, mais les soldes correspondants restent encore loin de leur moyenne de longue période dans l’industrie manufacturière. En particulier, le rebond est moins net pour les carnets de commandes étrangers que pour les carnets de commandes globaux, ce qui, reflète sans doute des perspectives à l’export encore incertaines.

Enfin, selon l’enquête trimestrielle sur les investissements dans l’industrie, les chefs d’entreprise de ce secteur révisent à nouveau à la baisse leurs perspectives d’investissement pour 2020. Au total, la contraction anticipée est significative, mais elle reste à ce stade d’ampleur moindre que ce qui était anticipé pour 2009.

En août 2020, le climat de l’emploi continue de se redresser nettement, après le point bas atteint en avril. A 88, il gagne 12 pts par rapport à juillet mais reste tout de même en deçà de son niveau d’avant confinement. Cette forte progression du climat de l’emploi est en grande partie due à l’amélioration du solde d’opinion sur les effectifs passés dans les services.

En août, la confiance des ménages dans la situation économique est stable à 94, mais en dessous de sa moyenne (100). La proportion des ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants diminue, son solde perd 4 pts et demeure inférieur à sa moyenne de longue période.

Le solde d’opinion des ménages relatif à leur situation financière passée gagne 1 pt, il demeure supérieur à sa moyenne et le solde d’opinion relatif à leur situation financière future est stable.

Le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne future diminue. Il perd 4 pts mais se maintient bien au-dessus de sa moyenne de longue période. De même, le solde d’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne actuelle baisse de 2 pts mais reste bien au-dessus de sa moyenne de long terme.

Les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage baissent en août de 6 pts tout en restant à un niveau élevé.

L’indicateur allemand IFO continue son rebond post Covid-19, le climat des affaires passe de 90,5 en juillet à 92,6 en août après avoir regagné 4,1 pts en juillet, 6,6 en juin et 5,3 en mai. Là aussi donc la reprise ralenti, désormais à un niveau plus élevé, elle reste robuste. En effet, le sous indice perspectives, à 97,5 en août, est désormais à son plus haut niveau depuis novembre 2018.

Le Sentiment Économique mesuré par la Commission Européenne continue aussi son rebond en août, et bien au-dessus des attentes, à 87,7 vs 82,4 en juillet et 64,8 en avril. La confiance progresse dans l’ensemble des pays : Allemagne +5,9pts à 94,3, France +9,3pts à 91,5 et Italie +2,7 pts à 80,6 à l’exception de l’Espagne.

Pour les États-Unis, Bruno Cavalier (Oddo) titre de façon paradoxale sa note de la semaine « US : une récession qui enrichit les ménages ! ».

Depuis le mois de février et le début de l’épidémie, les salaires perçus par les américains ont lourdement chuté du fait de l’impossibilité de travailler pour nombre d’entre eux ou de la perte de leur emploi. Même si la situation s’est améliorée depuis la phase de confinement, ils étaient encore inférieurs à 700MM$ à leur niveau de février. Le manque à gagner est plus que largement compensé par le versement des aides publiques qui étaient encore supérieures à leur niveau de février de plus de 1 000MM$. Les ménages américains disposent donc d’une capacité à consommer largement renforcée mais dépendante des fonds publics.

L’autre grande différence avec la crise financière est l’état des marchés d’actifs. Cette fois, il n’y avait pas d’excès du marché immobilier et ce secteur apparaît même comme l’un des plus dynamiques. Avant le choc, la hausse des prix des maisons tendait à ralentir, ce phénomène pourrait s’inverser à brève échéance, de quoi renchérir l’actif des ménages.de son côté la bourse a passé de nouveaux points hauts dans un contexte de taux ultra-bas et l’assurance que la Fed ne les montera pas à horizon visible. Au T2 nous estimons que la richesse des ménages a regagné tout le terrain perdu. Non seulement les ménages US sont plus riches, mais ils ont un montant inédit d’épargne liquide : leur revenu disponible est en hausse de 8,4% y/y !

C’est ce qui soutient la consommation des biens encore en hausse de 1,9% en juillet après +5,7% en juin et alors que le taux d’épargne est à des niveaux exceptionnels pour les États-Unis de 17,8% en juillet après 19,2% en juin.

Dans ces conditions, l’arrêt ou la réduction des mesures de soutien devrait pouvoir être compensé.

Cette semaine, les ventes de maisons neuves pour juillet ont été publiées : à 901 000 elles atteignent leur plus haut niveau depuis décembre 2006, dépassant largement les attentes. Cette robuste publication se reflétera dans un fort rebond de l’investissement des ménages au T3 après son effondrement au T2.

La confiance des ménages mesurée par l’Université du Michigan et publiée vendredi, à 74,1 vs 72,8 en juillet confirme l’analyse selon laquelle les ménages américains vont aborder l’élection présidentielle dans une situation matérielle bien meilleure que ce qui était attendu il y a 3 mois.

Sur la semaine, les marchés clôturent en hausse : S&P +3,3%, Nasdaq +3,5%, Stoxx600 +1,0%, EuroStoxx50 +1,7%, CAC +2,2%, DAX +2,1%, Nikkei -0,2% et Shanghai SE +0,7% avec le Bund  en hausse de 10,3 bps à -0,41% et le 10 ans US de 8,8bps à 0,72%. L’€ s’apprécie face au $ de 0,89% à 1,1903.

Semaine favorable aux secteurs cycliques sur le Stoxx600 avec en tête Voyages & Loisirs +5,0%, à la suite de l’optimisme suscité par des annonces positives sur le développement d’un vaccin potentiel contre le corona virus, suivi des Banques +4,0% portées par la hausse des rendements en Europe et l’Automobile et Technologie +3,0%.

Nos fonds se sont à nouveau correctement comportés, FCP Mon PEA et Erasmus Small Cap Euro proches de leurs indices et Erasmus Mid Cap Euro avec une belle avance et qui n’est plus qu’à -4% depuis le début de l’année.

Deux entreprises ont été cédées par FCP Mon PEA : Amundi et Arkema, et une achetée, Eiffage, cet achat étant compensé par un allégement sur Vinci dont les concessions aéroportuaires constituent une partie de l’activité plus importante que chez Eiffage. Aymeric a cédé sur Erasmus Mid Cap Euro le finlandais Valmet détenu depuis très longtemps et en hausse de 10,4% depuis le début de l’année. RAS pour Erasmus Small Cap Euro en progression de 10,64% !

Comme indiqué dans l’introduction, le travail de révision des prévisions par les analystes financiers prend maintenant une tournure plus sympathique. Selon FactSet, le consensus sur le Stoxx600 a été révisé à la baisse de -2,3% sur le dernier mois pour 2020 mais 2021 a été révisé à la hausse de 0,3%, c’est une inversion bienvenue. Elle est déjà en place depuis plusieurs semaines sur le S&P avec des révisions positives de 2,6% pour 2020 et 1,3% sur 2021 par rapport à il y a trois mois et de 2,9% sur 2020 et ,3% sur 2021 sur le dernier mois.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d’Erasmus Gestion

Lire le dernier point bourse : https://www.tanguyfinances.fr/incertitudes-de-la-rentree/

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