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Point Bourse Hebdomadaire du 8 janvier 2018 : Un bon début d'année

08/01/2018  - Point bourse

 

Et pas seulement d’année boursière. D’une part les publications macroéconomiques continuent d’être favorables, y compris les indicateurs anticipés qui nous donnent 6 mois de visibilité, mais d’autre part et c’est nouveau et plus important sans doute, les économistes et stratégistes commencent à revoir leurs prévisions à la lumière de la réforme fiscale américaine vers une croissance plus rapide qu’ils ne la prévoyaient auparavant. C’est un sujet complexe que nous suivrons attentivement, déjà difficile à analyser pour ses effets directs, davantage encore sur les effets de second tour.

En tout cas les marchés y croient et il fait bon être investi : c’est notre cas !

Ça continue : l’accélération de la croissance économique de la zone euro se poursuit en fin d’année 2017, tendance reflétant une expansion quasi-record de la production manufacturière ainsi que la plus forte hausse de l’activité depuis 6 ans et demi dans le secteur des services.

L’indice PMI final IHS Markit composite se redresse de 57,5 en novembre à 58,1. Il atteint ainsi son plus haut niveau depuis février 2011, c’est la 54ème hausse mensuelle consécutive de l’activité. La moyenne de l’indice sur l’ensemble du T4 signale la plus forte croissance depuis février 2011. Cet indicateur anticipé est prédictif à 6 mois : l’activité sera donc forte jusqu’à l’été prochain au moins.

L’Irlande reste en tête du classement des pays, son taux d’expansion atteignant un plus haut de 21 mois. La France prend la 2ème place et les hausses de l’activité s’accélèrent en Allemagne (plus haut de 80 mois), en Italie (plus haut de 8 mois) ainsi qu’en Espagne.

La croissance des nouvelles affaires se renforce en décembre dans l’ensemble de la zone. Le secteur manufacturier enregistre la plus forte hausse des nouvelles commandes depuis avril 2000, portée par un raffermissement de la demande intérieure et par une expansion quasi-record du volume des nouvelles commandes à l’export. Les prestataires de services signalent quant à eux la plus forte croissance du volume des nouvelles affaires depuis plus de 10 ans.

Cet environnement économique favorable dopant le moral des entreprises, les perspectives d’activité à 12 mois s’améliorent et affichent leur plus haut niveau depuis septembre. Cette tendance globale reflète un taux de confiance record en Allemagne et des pics de 3 mois en France, en Espagne et en Irlande.

La hausse des nouvelles affaires et l’accumulation du travail en cours qui en résulte ont incité les entreprises à recruter du personnel supplémentaire. Le taux de créations de postes se maintient ainsi à son pic de 17 ans. Les effectifs augmentent dans tous les pays couverts par l’enquête.

Selon Chris Williamson, chef économiste IHS Markit : »L’indice PMI composite de décembre affiche un niveau conforme à une accélération de la croissance du PIB. Celle-ci devrait ainsi atteindre +0,8% au T4 2017, les données ne donnent en outre aucune indication d’une possible perte de vitesse au début de l’année 2018. »

Pour la France, le secteur manufacturier termine l’année sur des bases solides, la production et les effectifs des fabricants affichant leurs plus fortes croissances depuis le milieu de l’année 2000, soutenues par la plus forte expansion du volume des nouvelles commandes depuis 7 ans. Le renforcement de la capacité opérationnelle des entreprises n’a pas suffi à éviter une nouvelle accumulation du travail en cours, la plus importante depuis 11 ans, cette hausse du travail en attente dopant par ailleurs le moral des fabricants qui affichent le plus fort degré de confiance depuis 5 ans et demi (début de la collecte des données pour cette variable).

L’indice France PMI IHS Markit, établi sur la base des nouvelles commandes, de la production, de l’emploi, des délais de livraison et des stocks, se redresse de 57,7 en novembre à 58,8, signalant la plus forte croissance du secteur depuis septembre 2000.

La croissance repose sur une nouvelle amélioration de la demande, le volume des nouvelles commandes enregistrant sa plus forte expansion depuis novembre 2010.

La hausse de la charge de travail incitant les entreprises à accroître leurs effectifs, l’enquête signale la plus forte croissance de l’emploi depuis plus de 17 ans en décembre. Le volume du travail en attente continue toutefois d’augmenter, le renforcement de la capacité opérationnelle étant insuffisant pour faire face au rythme accru des entrées de commandes. Le taux d’accumulation des arriérés de production atteint son plus haut niveau depuis novembre 2006. L’augmentation du volume des ventes entraîne une nouvelle hausse marquée de la production. Le taux de croissance de l’activité se redresse et affiche son plus haut niveau depuis la mi 2000, ceci se traduisant par une 4ème hausse consécutive des stocks de produits finis.  

Parallèlement au raffermissement de la demande clients, les fabricants français augmentent fortement leur activité achats en décembre, le taux de croissance du volume des achats atteignant son plus haut niveau depuis avril 2011. Cette tendance créant des tensions sur les chaînes de distribution, les répondants signalent le plus fort allongement des délais de livraison de leurs fournisseurs depuis mars 2011 et une stagnation de leurs stocks d’intrants.

Enfin la confiance des entreprises françaises se renforce et atteint son plus haut niveau depuis juillet 2012, date du début de la collecte des données. Les répondants fondent notamment leurs perspectives de croissance sur la hausse des dépenses d’investissement.

Par ailleurs, et conforme au consensus, l’inflation en zone euro a reculé en décembre à 1,4% vs 1,5% et l’inflation sous jacente reste stable à 0,9%. Celle-ci est stable sur un an alors que la « headline » passe de 1,1% en 2016 à 1,4% en 2017. Cela confortera la BCE dans sa politique.

 

Pour les États-Unis, l’IHS Markit US PMI a reculé à 54,1 en décembre vs 54,25 en novembre, il indique cependant une fin solide de l’année 2017, cohérente avec une croissance annualisée de 2/2,5% au T4. Par contre l’autre indicateur anticipé américain très fiable, l’ISM PMI, est passé à 59,7 vs 58,2 en novembre, c’est le 103ème mois consécutif de croissance pour les États-Unis ! Il a été tiré par les nouvelles commandes, au plus haut depuis janvier 2004 à 69,4, et 18 secteurs sur 19 enregistrent une croissance des commandes. Ces éléments permettent également d’être très optimistes pour le S1.

Aux États-Unis aussi les dépenses de construction progressent de 0,8% en novembre, un peu au-dessus des attentes, avec une reprise dans la construction non résidentielle (entrepôts, santé, loisirs et transports).

Le rapport sur l’emploi a été plus faible qu’attendu, à 148 000 créations, la moyenne 2017 (171 000) représente un accroissement annuel de la population active de 1,4%, au-dessus de la croissance naturelle de 0,9%, le chômage qui a diminué de 0,6% sur l’année à 4,1% implique donc un recours accru à l’immigration. La hausse des salaires s’accroît modestement à +2,5% sur un an ainsi que le temps travaillé, +0,2% sur un mois et +1,7% sur un an.

 

Ailleurs dans le monde, les PMI Markit sont partout positifs : Inde 54,7 en décembre vs 52,6 en novembre, plus haut depuis décembre 2012 ; Chine, 53 vs 51,6 en novembre, plus haut depuis un an ; Japon 54 vs 53,6 plus haut de 46 mois.

En conséquence le JP Morgan Global Manufacturing PMI, produit par JP Morgan, Markit et ISM, atteint un plus haut de 7 ans à 54,5 vs 54,1 en novembre. C’est son 22ème mois consécutif de hausse. La zone euro connaît la plus forte amélioration, États-Unis, Japon, Chine sont en forte amélioration, mais aussi Brésil et Russie en accélération, seule la Grande-Bretagne semble ralentir.

 

Les places boursières ont commencé l’année en vive hausse. Une des explications de ce mouvement est sans doute le repositionnement de certains investisseurs, comptes propres des banques par exemple, en début d’exercice. Une autre explication tient à la bonne série de publications (voir ci-dessus) que nous avons eu. Mais la principale me semble ailleurs, il s’agit de la prise en compte progressive par les économistes et stratégistes de la réforme fiscale américaine dans leurs prévisions 2018 et 2019. En voici quelques illustrations :

  • Berenberg (Mickey D Levy) : strong economic momentum will extend into 2018 as the dramatic remake of the US tax codes gives a further boost.
  • Pantheon Macroeconomics (Ian Shepherson) : the pace of US economic growth is set to rise. The tax-cut bill will add a few tenths to growth too.
  • Oddo BHE (Bruno Cavalier) : US : bonne et heureuse….réforme fiscale. Le creusement du déficit fédéral qui va en résulter va stimuler l’économie US, qui au fond n’en a pas besoin.
  • Alpine Macro (Chen Zhao) : Coming Boom and Policy Clashes : why the 2018 consensus is likely wrong. The investment community has comfortably agreed on the view that economic growth in the US will settle down to around 2,5% in 2018, that growth in the eurozone will moderate to about 2%, and that the chinese economy will soften to around 6,3% - more or less a replay of 2017 in 2018. We disagree with these consensus views and expect the world economy to experience a low inflation miniboom in 2018.

Il nous semble que c’est cet élément qui commence juste à être pris en compte par les économistes et stratégistes, que les gestions commencent à évaluer et à intégrer dans leurs allocations.

Il y a une bascule du sentiment sur le risque : comme en 2017, le risque c’est de ne pas d’y être, de ne pas participer à la hausse car une hausse c’est difficile à rattraper. Et ensuite de se le voir reprocher par les clients.

La prise en compte par les analystes financiers viendra plus tard, sans doute lors de la publication des résultats 2017 par les entreprises, à l’occasion de laquelle elles donneront de premières indications sur leurs perspectives 2018 et sur l’impact des réformes fiscales (il n’y a pas qu’aux États-Unis) dans leurs comptes.

Tous nos fonds étaient bien investis : ils ont bien participé à ce mouvement boursier. Erasmus Small Cap Euro et FCP Mon PEA progressent de plus de 3%, Erasmus Mid Cap Euro les atteint presque et Erasmus Micro Cap Euro, notre nouveau né, atteint déjà +2%.

Erasmus Capital Plus, notre fonds patrimonial, progresse de 0,64% et réalise en une semaine le quart de la progression que nous attendons sur l’année, ceci avec une prise de risque réduite puisque l’exposition nette actions est de 22%. Il faut dire que le compartiment performance absolue s’est également bien comporté.

Pas de mouvements cette semaine : nous nous sommes laissés porter.

Le consensus des prévisions bénéficiaires JCF/Factset sur le Stoxx600 européen varie de +0,2% sur 2017 et 2018. La croissance attendue est de +28,1% pour 2017 et de +8,5% pour 2018. Pour le S&P500 américain, la croissance 2017 est attendue à +10,4ù et à +9,9% pour 2018.

 Jean-François GILLES

Président du Directoire d'Erasmus Gestion



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