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Point Bourse Hebdomadaire du 4 décembre 2017 : Quand on a le moral

04/12/2017  - Point bourse

 

Voir l’avenir de façon positive : c’est cet état qui permet aux ménages de consommer et de se lancer dans des dépenses d’équipement, c’est cet état qui conduit les dirigeants d’entreprise à investir.

Et nous y sommes, non sans raisons.

Pour la première fois depuis 2007 tous les pays appartenant à l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), ils sont 43, seront en croissance économique en 2017. En 2016, 4 étaient encore en récession, 2 des fameux BRIC, le Brésil et la Russie, ainsi que l’Argentine et la Grèce.

L’enquête mensuelle de novembre de la Commission Européenne sur le sentiment économique ESI (Economic Sentiment Indicator) monte de 114,1 à 114,6 et se situe à son plus haut niveau depuis octobre 2000, cohérente avec une croissance de 4%.

L’enquête auprès des industriels est à son plus haut historique et reflète une progression de la production industrielle de 5% ; elle n’enregistre pas du tout d’effet négatif de la hausse de l’€ sur les carnets de commandes à l’export puisqu’ils croissent de plus de 10%. Du côté des services, les chiffres sont moins élevés mais bien positifs ainsi que pour le secteur du commerce.

Par pays, l’Allemagne faiblit un peu mais à un haut niveau alors que la France et l’Italie retrouvent leurs situations d’avant crise déjà dépassée par l’Espagne.

L’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages de l’INSEE pour la France dit aussi la même chose. En novembre 2017 la confiance des ménages dans la situation économique rebondit, gagne 2 points et repasse ainsi au-dessus de sa moyenne de longue période. Les ménages sont nettement plus optimistes sur leur situation financière future : le solde correspondant gagne 5 points. La proportion des ménages estimant qu’il est opportun de faire des achats importants augmente et le solde d’opinion sur leur capacité d’épargne future augmente fortement (+7 points) comme celui sur leur capacité d’épargne actuelle (+2 points). Ces deux soldes s’éloignent de leur moyenne de long terme (5 et 7 points de mieux).

L’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France s’améliore nettement (+4 points) et les craintes des ménages sur l’évolution du chômage diminuent nettement (-7 points après -2 points en octobre).

L’indice PMI final manufacturier pour l’Eurozone est sorti à 60,1, au-dessus d’octobre (58,5) et de l’estimation flash (60). Les croissances de la production et des nouvelles commandes atteignent des plus hauts de plusieurs années entraînant une expansion record de l’emploi.

La liste des pays par niveau d’indice PMI manufacturier est impressionnante :

  • Allemagne 62,5 plus haut de 81 mois
  • Pays-Bas 62,4 plus haut historique
  • Autriche 61,9 plus haut historique
  • Italie 58,3 plus haut de 81 mois
  • Irlande 58,1 plus haut de 215 mois
  • France 57,7 plus haut de 84 mois
  • Espagne 56,1 plus haut de 129 mois
  • Grèce 52,2 plus haut de 2 mois

La production et les nouvelles commandes enregistrent leurs plus forts taux d’expansion depuis respectivement février 2011 et avril 2000. Les répondants signalent une forte hausse de la demande sur les marchés nationaux et les marchés à l’export.

Les exportations enregistrent leur plus forte hausse depuis le début de l’enquête (juin 1997). Les taux d’expansion se redressent dans l’ensemble de la région, 6 des 8 pays couverts (Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Irlande et Autriche) signalent des croissances proches de leur niveau record. Selon les répondants, cette tendance résulte d’un raffermissement de la demande en provenance des États-Unis et d’Asie ainsi que d’une augmentation des échanges au sein de l’Eurozone.

L’augmentation du volume des nouvelles commandes entraîne la plus forte hausse du travail en cours depuis novembre 2002, début de la collecte des données sur cette variable. L’emploi progresse également, reflétant une amélioration de la conjoncture et des contraintes de capacité chez les fabricants. Le taux de création de postes se redresse à son plus haut niveau depuis le début de l’enquête.

Tous les pays enregistrent une hausse de l’emploi, la croissance des effectifs s’accélérant dans l’ensemble de la région à l’exception de l’Italie.

Le taux de création de postes affiche son plus haut niveau historique aux Pays-Bas et s’en rapproche en Allemagne, Espagne, Autriche et Grèce.

Ce développement de marchés vendeurs se reflète dans l’allongement des délais de livraison des fournisseurs, l’un des plus forts enregistré depuis le début de l’enquête. Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement témoignent du raffermissement de la demande des intrants, l’activité achats des fabricants enregistrant sa plus forte croissance depuis 7 ans et demi.

Pour la France, l’indice PMI du secteur manufacturier atteint un plus haut de 7 ans.

La production des fabricants français augmente pour le 15ème mois consécutif, le taux de croissance atteignant son plus haut niveau depuis avril 2011.

Cette augmentation de l’activité résulte d’une 14ème hausse consécutive du niveau des nouvelles commandes, le taux de croissance des ventes affichant son plus haut niveau depuis la fin 2010. Les fabricants français expliquent cette tendance par la solidité de la demande clients, tant en France que sur les marchés étrangers comme en témoigne une nouvelle hausse du volume des nouvelles commandes à l’export.

L’augmentation des nouvelles commandes incitant les fabricants à embaucher du personnel supplémentaire, l’emploi progresse pour le 13ème mois consécutif. Le taux de création de postes se redresse par rapport à octobre et affiche son 2ème plus haut niveau depuis 17 ans. Cette hausse des effectifs ne suffit cependant pas à empêcher une nouvelle augmentation du travail en cours, l’accroissement de la demande étant plus important que le renforcement des capacités de production. Le taux d’expansion du travail en attente atteint ainsi son plus haut niveau depuis janvier 2010.

Parallèlement, la forte demande en matières premières entraîne un allongement marqué des délais de livraison.

Enfin, les fabricants se disent de nouveau très optimistes quant à la hausse de leur activité au cours des 12 prochains mois.

Les indicateurs monétaires de l’Eurozone continuent aussi d’être encourageants, si les masses monétaires ralentissent leur croissance, le crédit bancaire augment.

M1, la masse monétaire étroite qui comprend les espèces et les dépôts au jour le jour, ralentit de +9,8% an septembre à +9,4% en octobre. M3 qui inclut les dépôts à terme et les dettes à court terme, de 5,2% à 5%. C’est cependant suffisant pour prévoir la poursuite du redressement modéré de l’inflation.

Par contre, la croissance des prêts au secteur privé passe de +2,7% en septembre à +2,9% en octobre, le plus haut niveau depuis mai 2009. Les prêts aux ménages sont stables à +2,7% alors que ceux aux entreprises passent de +2,4% à +2,9%.

Au niveau national, croissance des prêts aux entreprises de +5,9% en France, +5,1% en Allemagne, +0,4% en Espagne mais -3,9% an Italie. Le chiffre italien exagère probablement le recul du fait de cessions de NPL pour renforcer les bilans des établissements.

En conséquence de ces deux derniers éléments, ce qu’on appelle le « credit impulse » diminue modestement, ce qui justifie la fin de l’accélération de la croissance de la zone prévue pour 2018.

 Aux États-Unis aussi, le Conference Board, indicateur de confiance du consommateur, s’est sensiblement amélioré en novembre et atteint son meilleur niveau depuis exactement 17 ans. L’indice de confiance de l’organisation patronale est ressorti à 129,5, son niveau le plus élevé depuis novembre 2000 vs 126,2 en octobre. La composante du jugement des consommateurs sur leur situation actuelle a progressé à 153,9 contre 152 et celle des anticipations est montée à 113,3 contre 109 ;

Ce retour de confiance s’explique bien. Depuis la crise de 2007/2009, la proportion des ménages propriétaires de leur résidence principale a baissé de 69 à 64% mais par contre, au sommet d’avant crise (2006) le patrimoine moyen du ménage américain représentait 650% de ses revenus annuels, en 2009, ce patrimoine moyen représentait 510% de ses revenus et il est aujourd’hui au niveau record de 670%. Si le taux d’épargne avait fortement monté entre 10/12% en 2011/2012, il est maintenant redescendu à son niveau d’avant crise, 3/4 %. La hausse des patrimoines repose sur la progression des prix de l’immobilier résidentiel en premier lieu puisqu’il y a 64% de propriétaires et bien sûr aussi  sur les valeurs mobilières qui enregistrent record sur record à Wall Street.

 Un mot sur le Japon pour dire que là aussi l’économie va bien avec un Nikkei PMI manufacturier à 53,6 vs 52,8 en octobre, son niveau le plus élevé depuis mars 2014.

 L’OPEP et la Russie se sont engagés à prolonger leurs coupes de production pour 9 mois , soit jusqu’en décembre 2018, mais en cas de tensions trop fortes sur les marchés les pays producteurs ont la possibilité d’y mettre un terme de façon anticipée à partir de juin 2018. La Libye et le Nigeria sont signataires de cet accord de plafonnement de production. Il devrait permettre, c’est du moins le but, le maintien du prix du baril dans la fourchette 55/65$. Il offre davantage de visibilité sur la croissance 2018 des deux fameux BRIC cités en tête de cette lettre, le Brésil et la Russie.

 Aux États-Unis à côté des rebondissements judiciaires affectants des membres de l’équipe présidentielle, une seconde étape de la réforme fiscale a été franchie. Après la Chambre des Représentants, c’est le Sénat qui a voté son plan de réforme fiscale. Mais ces deux plans ne sont pas similaires et une commission mixte doit procéder aux ajustements nécessaires pour que le même texte puisse être voté par les deux chambres. Notre analyse est que la nécessité de présenter une importante réforme populaire avant les élections de mid-term en novembre 2018, les élus républicains parviendront à un accord ; Ils sont aujourd’hui sous la menace de perdre la majorité au Sénat.

Cette réforme, qui prévoit une forte baisse de l’IS, de 35 à 20%, pourrait avoir de fortes conséquences sur les marchés bousiers américains et donc européens. Marchés actions bien sûr, mais marchés de taux aussi si la mesure permettant aux entreprises américaines de rapatrier avec un taux d’impôt très réduit leurs bénéfices réalisés à l’étranger fait partie de la réforme.

 Les flux de souscriptions sur les mutual funds pour la semaine au 29 novembre ne montre pas de regain d’aversion au risque selon EPFR Global. Les entrée sur les fonds investis en actions ont à nouveau dépassé celles sur les fonds obligataires avec des montants de 7,8 milliards$ vs 5,4. Au sein des fonds actions, ceux dédiés aux actions américaines ont enregistré leurs plus fortes souscriptions en 5 semaines à 4,3milliards$. Les fonds investis en actions européennes ont bénéficiés d’entrées nettes à hauteur de 900 millions$ tandis que les fonds en actions japonaises ont subi des rachats à hauteur de 100 millions ; les fonds en actions émergentes, qui ont bénéficiés d’entrées nettes sur 35 des 37 dernières semaines, continuent  d’attirer les investisseurs avec 1,6 milliard$ de souscriptions.

Semaine de correction où nos fonds ont tous réalisé des surperformances modestes. Frédéric Redel en voyage en Irlande où il rencontre des entreprises, a acheté pour Erasmus Mid Cap Euro le distributeur français FNAC Darty, et ce avant l’accord avec Carrefour, il a aussi acheté l’entreprise industrielle allemande GEA Group AG.

Cette semaine les consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen varie de +0,1% sur 2017 et -0,1% sur 2018. La croissance annuelle attendue est de +28,4% pour 2017 et de +8,2% pour 2018. Pour le S&P500 américain, la croissance annuelle 2017 est attendue à +10,3% et à +9% pour 2018.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d'Erasmus Gestion



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