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Point Bourse Hebdomadaire du 27 novembre 2017 : L'amélioration continue

27/11/2017  - Point bourse

 

Si les marchés européens ont repris un peu de hauteur cette semaine, c’est sans doute parce que la publication d’excellents indicateurs ont balayé les craintes qui étaient apparues. En particulier le caractère de plus en plus autoentretenu de la croissance de l’Eurozone, tiré par l’Allemagne, nous ramène au temps où celle-ci, en dépit de la vigueur du deutsche mark, traversait sans dommages les périodes de ralentissement.

L’Allemagne est devenue une véritable locomotive pour  l’Eurozone et le rattrapage des pays à la traîne, Italie et France notamment, s’en trouve dynamisé.

La croissance accélère dans le secteur privé de l’Eurozone, la dernière estimation flash de l’indice PMI IHS Markit passe de 56 en octobre à 57,5, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis avril 2011. Le maintien de cette tendance en décembre devrait permettre d’enregistrer les meilleures performances trimestrielles depuis le début 2011.

Les principaux indicateurs de l’enquête –activité, demande, emploi et inflation- enregistrent des pics de plusieurs années. L’enquête signale les plus fortes hausses de l’activité globale et des prix depuis plus de 6 ans tandis que les affaires en cours enregistrent leur plus forte expansion depuis 10 ans. Cette tendance incitant les entreprises à recruter du personnel supplémentaire, le taux de création d’emplois atteint un plus haut de 17 ans.

Le secteur manufacturier de l’Eurozone, qui enregistre sa 2ème plus forte croissance depuis le début de l’enquête (après le record historique d’avril 2000), continue de mener l’expansion globale de la région. Les fortes performances de l’industrie s’accompagnent d’une accélération de la croissance dans le secteur des services, l’activité des prestataires de services enregistrant sa plus forte hausse depuis mai 2017 et l’une de ses plus fortes expansion depuis 6 ans et demi.

Les données de novembre mettent en évidence la plus forte croissance du volume des nouvelles affaires depuis février 2011. Dans l’industrie manufacturière, les nouvelles commandes enregistrent leur plus forte hausse depuis avril 2000, cette tendance permettant de compenser la légère modération de l’expansion dans le secteur des services. Les fabricants signalent la plus forte croissance de leurs ventes à l’export depuis le début de l’enquête.

Le volume du travail en cours continue de s’accumuler, le taux d’expansion global des affaires en attente atteignant son plus haut niveau depuis juillet 2006. Malgré le ralentissement de la hausse des nouveaux contrats dans le secteur des services, les prestataires de services signalent la plus forte accélération de leurs affaires en attente depuis mai 2011. Les fabricants enregistrent quant à eux une hausse record de leurs arriérés de production.

Le déséquilibre entre le rythme de croissance des carnets de commandes et la capacité opérationnelle des entreprises qu’illustre l’accumulation du travail en cours a conduit ces dernières à recruter du personnel complémentaire.

L’emploi enregistre sa plus forte croissance depuis octobre 2000, porté par la hausse record des effectifs dans l’industrie manufacturière et par les plus fortes créations de postes depuis 10 ans dans le secteur des services.

Les contraintes de capacité se reflètent également dans les délais de livraison des fournisseurs qui enregistrent leur plus fort taux d’allongement depuis plus de 17 ans. La hausse des délais de livraison s’explique notamment par un raffermissement de la demande en intrants dans le secteur manufacturier, les stocks d’achat des fabricants ayant augmenté à des rythmes quasi historiques au cours des 2 derniers mois.

Les données par pays mettent en évidence un rebond de la croissance en France, 60,1 en novembre un plus haut de 78 mois. La hausse de l’activité dans l’hexagone affiche ainsi un rythme supérieur à celui enregistré en Allemagne, 57,6 vs 56,6 en octobre, tendance observée 4 fois seulement au cours des 5 dernières années, ceci malgré un redressement du taux d’expansion de l’activité à un pic de près de 6 ans et demi outre-Rhin.

Tandis qu’en Allemagne c’est de nouveau l’industrie manufacturière qui mène la croissance globale – le taux d’expansion atteint en effet dans ce secteur son 2ème plus haut historique – c’est le secteur des services qui enregistre les meilleures performances en France, la croissance accélérant toutefois également dans le secteur manufacturier.

Le chef économiste d’IHS Markit, Chris Williamson, a commenté : »Les affaires sont florissantes en Eurozone comme en attestent les données PMI flash du mois de novembre. L’expansion accélère en effet par rapport au mois dernier, tendance mettant la région sur la voie de sa croissance trimestrielle la plus forte depuis l’année 2011. Les données PMI flash affichent pour l’heure un niveau conforme à une hausse trimestrielle du PIB de 0,8% au T4 2017, ce qui marquerait la plus forte croissance économique annuelle de la zone de la monnaie unique depuis 10 ans. »

Pour l’Allemagne, le détail des PMI est 54,9 pour les services vs 54,7 en octobre et 62,9 pour le manufacturier vs 60,2 en octobre, un plus haut de 79 mois. Il faut noter que la force de l’€ n’empêche pas une nouvelle forte hausse des commandes à l’export, d’Asie et d’Amérique en particulier. Phil Smith, économiste en charge de l’Allemagne chez IHS Markit indique : »Les entreprises sont inondées de commandes nouvelles avec une vive accélération des commandes à l’export pour le secteur manufacturier. »

Pour la France, le détail des PMI est 60,2 pour les services, plus haut de 78 mois, vs 57,3 en octobre et 59,7 pour la production manufacturière vs 57,5 en octobre, plus haut de 79 mois. La forte hausse de la demande clients incite les entreprises à renforcer leurs effectifs, portant ainsi l’actuelle période de croissance de l’emploi à 13 mois. Le taux de création de postes se redresse en outre à son plus haut niveau depuis 16 ans et demi (mars 2001). Malgré ce net renforcement des effectifs, le travail en attente s’accumule et affiche sa plus forte hausse mensuelle depuis avril 2011, tendance suggérant un maintien de la croissance de l’emploi dans les prochains mois.

Les indicateurs PMI sont solides, avec une grande fiabilité à 6 mois. Ils ont été confortés cette semaine par trois autres publications donnant des conclusions tout à fait convergentes.

L’IFO allemand tout d’abord dont la fiabilité à 6 mois est également bien établie. Le climat des affaires monte de 116,8 en octobre à 117,5 en novembre, ce qui constitue un nouveau plus haut et un niveau bien meilleur que le léger recul à 116,6 attendu par le consensus. La situation actuelle passe de 124,8 à 124,4 mais les perspectives de 109,1 à 111.

La décomposition sectorielle montre que tous les secteurs de l’économie continuent à bien se porter. Le secteur manufacturier établit un nouveau record à 33,1 vs 31,1, suggérant que le frein à la demande que pourrait constituer la force de l’€ est plus que compensé par le redressement de la demande globale. Ce niveau de l’IFO correspond à une croissance annualisée de 3,5% (vs 2,7% au T2), il faut donc s’attendre à une nouvelle accélération. Clemens Fuest, président de l’IFO Institute, note que « l’optimisme se répand parmi l’ensemble des entreprises allemandes. »

Pour la France, c’est l’INSEE, par ses indicateurs mensuels de climat des affaires et de retournement conjoncturel, qui vient conforter les PMI.

En novembre 2017, le climat des affaires, déjà très favorable, s’améliore encore. L’indicateur qui le synthétise, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité marchande, gagne deux points. A 111, il retrouve son niveau de janvier 2008, bien au-dessus de sa moyenne de long terme (100). Le climat des affaires augmente dans chaque branche : il gagne un point dans l’industrie, à son plus haut niveau depuis août 2000 pour les perspectives générales de production, deux points dans les services, le bâtiment et le commerce de gros, trois points dans le commerce de détail. Il se situe au niveau d’avant-crise dans plusieurs grands secteurs : il est ainsi au plus haut niveau depuis 2007 dans l’industrie, le commerce de détail et le commerce de gros, depuis 2008 dans le bâtiment.

En novembre 2017, le climat de l’emploi continue de s’améliorer, essentiellement du fait de la hausse des soldes d’opinion sur les effectifs dans le commerce de détail et l’industrie. L’indicateur qui le synthétise gagne un point, à 109, bien au-dessus de sa moyenne de long terme (100), et au plus haut depuis l’été 2011.

L’indicateur de retournement pour l’ensemble de l’économie demeure dans la zone indiquant un climat conjoncturel favorable, où il se situe depuis avril 2017.

Dernière publication pour l’Euroland, la confiance des ménages en hausse pour le 4ème mois qui suggère que les dépenses de fin d’année seront à un niveau élevé (+0,1 en novembre vs -1,1 en octobre). Cet indicateur est maintenant à son plus haut niveau depuis janvier 2001, tiré par l’amélioration du marché du travail. Il est cohérent avec une croissance de 3% au T4.

 

Peu de nouvelles venant des États-Unis.

Les reventes de maisons avancent de 2% au meilleur niveau depuis mars après deux mois déprimés par les ouragans.

Les commandes de biens durables, hors aviation, progressent pour le 4ème mois consécutif à 0,4% m/m avec des livraisons en hausse de +0,1% m/m mais de +6,9% y/y.

Enfin jeudi l’US PMI Flash Markit est sorti à 54,6 vs 55,2, une nouvelle publication solide bien qu’en léger ralentissement depuis juillet. Les PMI US sont toujours à un niveau qui reflète une croissance modérée, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services. Nous retenons particulièrement que les chefs d’entreprise affichent leur confiance la plus élevée sur leurs perspectives à 12 mois depuis janvier 2016.

 

Cette semaine a été une bonne semaine de reprise pour nos fonds même si FCP Mon PEA reste un peu en retard. Dans ce fonds un arbitrage au profit de Safran qui nous semble offrir une meilleure visibilité que Thalès au moment où les activités navales de celui-ci doivent être rapprochées de celles de l’italien Fincantieri.

Le mouvement de reprise s’est amplifié en fin de semaine, à la fois pour des raisons fondamentales avec les publications des PMI et de l’IFO, mais aussi pour des raisons politiques. La levée des incertitudes que représenterait une nouvelle coalition CDU-SPD en Allemagne éventuellement avec la participation ou le soutien du parti écolo-centriste Bündniss90/Die Grünen, a plu aux marchés.

Le consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen varie sur la semaine de +0,2% sur 2017 et de +0,1% sur 2018. La croissance annuelle attendue est de +28,7% pour 2017 et de +8,5% pour 2018. Pour le S&P500 américain les attentes sont à +10,2% pour 2017 et à +9% pour 2018.

 

Je ne peux pas terminer sans vous rappeler la grande joie que nous avons eu la semaine dernière lorsque notre fonds Erasmus Small Cap Euro a été élu lors des Grands Prix de la Gestion d’Actifs de l’AGEFI meilleur fonds actions européennes sur trois ans devant les produits de bien des maisons prestigieuses. C’est une grande satisfaction pour notre petite boutique, en redoublant d’efforts nous arrivons à jouer dans la cour des grands et à apporter de belles satisfactions à nos clients. Bravo à Nelly Davies et à l’équipe qui l’entoure.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d'Erasmus Gestion



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