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Point Bourse Hebdomadaire du 2 juillet 2018 : Prudence

03/07/2018  - Point bourse

 

Entre des publications économiques qui, en Eurozone, ne donnent pas une direction claire et les tensions commerciales persistantes provoquées chaque semaine par le président américain, les marchés financiers ont choisi la prudence.

En effet, si les données de la semaine reflètent une économie européenne qui va encore à bonne vitesse, et à cet égard nous sommes optimistes sur les chiffres semestriels que les entreprises vont bientôt nous faire parvenir, ce n’est plus l’allure très rapide de la fin de l’année 2017 qui a un temps permis de surmonter les postures américaines.

Ainsi l’indicateur anticipé allemand IFO, certainement un des plus fiables, s’est établi pour juin à 101,8 après 102,3 en mai, c’est un peu mieux que les attentes des économistes mais c’est aussi le 6ème mois de recul sur les 7 derniers. L’indicateur reste cependant à un haut niveau.

Les conditions actuelles passent de 107,1 à 106,1 reflétant le ralentissement de l’activité depuis l’an dernier, tout en restant bien au-dessus de leur moyenne de long terme de 96,5. De plus, les perspectives restent inchangées à 98,6, là encore au-dessus de leur moyenne de long terme. Le détail indique que le ralentissement concerne les 4 secteurs étudiés : manufacturier, services, commerce et construction.

Le niveau de l’IFO est cohérent avec une croissance un peu plus faible que celle du T1 à 2,3%, ce qui est légèrement mieux que le message des PMI allemands.

Pour résumer, en Allemagne la croissance s’effrite mais ne plonge pas en dépit des tensions commerciales. Cependant on ne voit pas bien ce qui la  ferait rebondir dans l’immédiat (et après l’élimination de l’équipe d’Allemagne de la Coupe du Monde de football).

D’autant que les ventes au détail allemandes ont de nouveau déçu les attentes en reculant en mai (-1,6% en rythme annuel vs -1,2% en avril) ce qui retardera un peu plus le rebond de l’indicateur de surprises économiques.

Par contre l’Economic Sentiment Index (ESI) pour l’Eurozone a mieux résisté en juin à 112,3 vs 112,5 en mai et un consensus à 112. La confiance a reculé chez les ménages et dans le secteur de la construction mais elle est restée stable dans l’industrie, les services et le commerce de détail. Il ne faut pas attribuer, dans les deux cas, les reculs uniquement aux tensions commerciales. La forte hausse des prix de l’énergie sur un an affecte également aussi bien les entreprises que les ménages.

Au niveau pays, les résultats permettent de tirer quelques leçons : Portugal (+2,1), Italie (+1,2), Finlande (+1,1) et France (+1) enregistrent des progrès significatifs alors que les Pays-Bas (-1,8), la Grèce (-1,7) et l’Allemagne (-0,8) sont en recul sensible. L’Espagne est stable.

La France se rapproche du niveau de l’Allemagne alors qu’elle est traditionnellement bien plus pessimiste et l’indicateur portugais est à un niveau parmi les plus hauts touchés depuis 1988. Les élections italiennes ont également poussé l’indicateur national à un plus haut de 2 ans et demi.

L’inflation en Eurozone est passée en juin à 2% vs 1,9% en mai, en ligne avec les attentes ; elle reflète l’impact du poste énergie sur l’inflation globale, poste en hausse de +8% en juin après +6,1% en mai. Par contre, l’inflation cœur a reculé de 1,1% à 1%, elle est très stable sur un an. La hausse des prix du baril devrait à nouveau faire monter l’inflation en juillet.

Pour le moment, et même en Allemagne où le taux de chômage est très bas, les coûts salariaux et l’inflation cœur ne montent pas. Aux États-Unis aussi, dans la phase de sortie de la dernière crise, l’impact de la baisse du chômage sur l’inflation salariale a mis longtemps à pouvoir être perçu, mais in fine il l’est très bien aujourd’hui. Aussi la BCE doit considérer qu’en Eurozone également la répercussion de la diminution du chômage sur les salaires sera longue à se manifester, en décalage par rapport aux cycles précédents.

Nous ne voyons pas dans ces données d’inflation des éléments de nature à infléchir la politique monétaire récemment présentée par la BCE.

 Aux États-Unis, les dépenses des consommateurs ralentissent en mai (2,3% vs 2,6%) alors que le mois d’avril a lui-même été révisé en baisse de 0,1%.

L’indicateur anticipé de l’Université du Michigan a marqué un recul plus important que les attentes en juin (98,2 vs attentes à 99). Il témoigne du fait que les consommateurs américains commencent à s’inquiéter de l’impact à venir des barrières tarifaires sur les prix et de la hausse du prix de l’essence à l’orée de la « driving season ».

Notons toutefois que l’activité reste bien orientée comme en témoigne la nouvelle progression de l’ISM Chicago (64,1 vs 62,7).

Enfin l’inflation PCE continue son chemin haussier à +2,3% en mai (vs 1,7% en février) et l’inflation PCE cœur à 2% en mai (vs 1,5% en février). Elle atteint donc pour la PCE cœur sur laquelle travaille la Fed son objectif.

Le taux d’épargne des ménages reste dans les niveaux américains à 3,2% !

 Un point maintenant sur les conflits commerciaux, selon une étude de la Société Générale.

Guerre commerciale États-Unis /Chine : lundi dernier le Département du Trésor américain a prévu d’intensifier l’examen des investissements chinois dans les industries américaines sensibles en vertu d’une loi d’urgence, ajoutant ainsi une couche supplémentaire dans la guerre commerciale de Washington avec Pékin.

Guerre commerciale États-Unis/ Europe : vendredi dernier, en réponse aux taxes américaines imposées depuis le 1er juin sur leurs exportations d’acier et d’aluminium, l’Europe a réagi en relevant les droits de douanes de 25% de dizaines de produits industriels et agricoles américains (maïs, riz, beurre de cacahuètes, jeans, Harley Davidson, bourbon,…) importés en Europe. Cette contre-mesure porte sur 2,8 milliards € d’exportations américaines et est inférieure aux 6,4 milliards € d’exportations européennes d’acier et d’aluminium taxées. Pénalisé par ces mesures, Harley Davidson a annoncé vouloir délocaliser une partie de sa production en dehors des États-Unis afin d’échapper à ces taxes (31% vs 6% auparavant, soit un impact de 2 200 $ par moto en moyenne) puisque basée dans le Wisconsin, l’entreprise réalise près de 20% de ses ventes en Europe. Ces taxes auront un impact financier de 100 millions de $ par an et 35 à 40 millions de $ dès cette année. Harley Davidson est l’une des premières entreprises américaines à évaluer l’impact de cette bataille commerciale.

 UBS Evidence Lab publie une étude sous la signature des stratégistes Nick Nelson et Karen Olney et des économistes Reinhard Cluse et Tatiana Titareva, intéressante et utile.

Basée sur une enquête auprès de 600 entreprises, elle montre une attente de forte hausse des marges en Europe, 22% des entreprises l’anticipant contre 13% en février. C’est une attente très largement répandue puisque les 4 premiers pays de l’Eurozone la partage, l’Allemagne en tête (38% des entreprises). La marge d’EBIT a progressé de 125 bps en 2017 et UBS attend désormais pour 2018 une nouvelle progression de 90 bps. Ceci correspond bien au rythme de révision des consensus de résultats.

Pour ce qui est du « pricing power », celui-ci reste positif mais moins qu’il y a 6 mois, il augmente pour les grandes entreprise (+ 500 millions € de CA), mais diminue pour les petites (-100 millions € de CA). Au niveau pays, là encore l’Allemagne arrive en tête devant l’Espagne, l’Italie et la France.

Sur la semaine écoulée, Erasmus Mid Cap Euro et Erasmus Small Cap Euro reprennent du terrain par rapport à leurs indices de référence alors que FCP Mon PEA et Erasmus Micro Cap Euro en perdent, mais peu. Nelly pour Small Cap et Frédéric pour Mid Cap ont ouvert des positions en Ingénico alors qu’Aymeric pour Micro Cap faisait un arbitrage en Allemagne avec la vente d’Invision AG et l’achat de Medios AG.

Comme indiqué ci-dessus les révisions des prévisions bénéficiaires du consensus JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen continuent dans le bon sens, sur un mois +0,3% sur 2018 et +0,6% pour 2019. La croissance annuelle attendue est de +9,2% pour 2018 et de +9% pour 2019. Aux États-Unis pour le S&P500, la croissance annuelle 2018 est attendue à +18,1% et à +8,3% pour 2019.

Source : Fidroit



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