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Point Bourse Hebdomadaire du 16 avril 2018 : Faiblesse transitoire ?

16/04/2018  - Point bourse

 

Les dernières publications économiques reflètent un ralentissement de la croissance. Cela est vrai aussi bien pour les États-Unis, où on considère généralement que celui-ci devrait être limité au S1 et qu’ensuite les allégements fiscaux devraient faire repartir la machine, qu’en Eurozone où le pic est désormais derrière nous mais où on ne sait pas sur quel palier la croissance se stabilisera.

Comme toujours la dynamique repose sur la confiance : après la séquence dans laquelle nous nous trouvons, marquée par les velléités commerciales du président américain et les craintes géopolitiques, il faudra qu’elle se rétablisse pour que les ménages et les entreprises enclenchent les investissements attendus.

La publication du Sentix du 9 avril est à cet égard éclairante. Sur les zones économiques suivies par cet institut allemand, quatre restent en phase de boom : Autriche, Suisse, Asie ex-Japon et Amérique Latine, et six passent en ralentissement : Eurozone, Allemagne, Europe Centrale, États-Unis, Japon et Global.

Pour l’Eurozone, la situation actuelle reste confortable à 43 mais les perspectives deviennent négatives à -1,5 pour la première fois depuis juillet 2016. Ce sont les décisions de taxer certaines importations prises par Donald Trump et les mesures de représailles adoptées par la Chine qui perturbent les répondants par leur remise en cause du libre échange. En sus, elles créent une incertitude paralysante pour les entreprises : celle-ci a atteint les marchés et pèse sur les cours. La hausse attendue de l’inflation est enrayée et les pressions inflationnistes s’éloignent, mettant en doute le mouvement des banques centrales, BCE notamment, vers une politique monétaire plus neutre.

L’indice Sentix pour l’Allemagne, en recul modeste pour l’indice global et la situation actuelle, passe à -7,8 pour les perspectives, au plus bas depuis octobre 2014.

Pour les États-Unis, les perspectives passent à -8,3, les plus mauvaises de l’ensemble des régions.

La question que pose UBS est de savoir si la faiblesse actuelle, causée en partie par des facteurs spéciaux (climat hivernal, épidémies pour l’Allemagne, taxes en France) est transitoire, avec même quelques possibilités de rattrapage au T2, ou si d’autres éléments, comme le rebond de 15% de l’€ sur un an, vont peser durablement au côté des risques commerciaux et géopolitiques.

En attendant, cette situation amènera sans doute le 26 avril la BCE à se montrer plus « colombe » que cela était attendu il y a quelques mois encore. La faiblesse persistante de l’inflation est un autre élément plaidant dans le même sens.

Le 14 juin la BCE présentera ses nouvelles prévisions économiques sur lesquelles s’appuieront ses décisions conduisant à la fin de l’assouplissement quantitatif, soit le 14 juin, soit le 26 juillet. La faiblesse des données actuelles renforce la probabilité d’une prolongation, pour des montants à nouveau réduits, des achats de valeurs mobilières jusqu’à la fin du T4 2018.

En France aussi, après 5 trimestres de croissance robuste, le rythme au T1 semble avoir faibli. Plusieurs indicateurs, anticipés comme les PMI, ou « hard datas » comme la production manufacturière en janvier-février ou la consommation de biens sont aussi en recul.

Le climat des affaires reste cependant à un bon niveau, il correspond à une croissance plus élevée que la croissance potentielle mais moins élevée que l’an dernier. Autrement dit, un trimestre en retrait au T1 ne modifierait pas la tendance de fond si les nuages actuels étaient écartés d’ici la fin du semestre. Mais pour cela il faut aussi que les grèves en cours (SNCF, Air France) ne perturbent pas trop la marche des affaires. Comme l’écrit Bruno Cavalier (Oddo) «  pour le climat des affaires, la confiance des ménages et l’humeur des investisseurs, ce coup de froid, fût-il transitoire, tombe bien mal. »

 Le président chinois s’est montré particulièrement constructif lors de son intervention au forum de Bao (le Davos chinois), laissant entrevoir une issue favorable aux tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis. Xi-Jinping a promis une nouvelle phase d’ouverture du marché chinois aux étrangers, notamment dans les secteurs bancaire et automobile, une baisse des taxes à l’importation sur les véhicules et une meilleure protection de la propriété intellectuelle. En échange de quoi, Xi-Jinping souhaiterait une augmentation des exportations de produits technologiques américains.

 Les marchés européens terminent la semaine en hausse, portés par la possibilité d’une sortie positive du bras de fer commercial opposant la Chine et les États-Unis, au caractère plutôt « colombe » des minutes de la BCE et à la forte hausse du secteur pétrolier.

Si Erasmus Mid Cap Euro a perdu un peu de terrain cette semaine, nos autres produits ont fait mieux que leurs indices de référence. Pour Mid Cap justement, Frédéric a cédé Nexans après l’annonce du départ de Mr Poupart-Lafargue qui avait redressé l’entreprise, il a acheté Ingenico, des rumeurs indiquant que la société pourrait prochainement faire l’objet d’une offre. Aymeric continue la construction du portefeuille d’Erasmus Micro Cap Euro avec l’acquisition de Balyo, déjà détenu par Nelly dans Small Cap, et Harvest, fabricant de logiciels pour les CGPI notamment.

Après quelques premières publications la semaine dernière comme LVMH (excellent, le luxe et dans FCP Mon PEA Hermès et Kering en ont profité), L’Oréal (bon), Carrefour et Sodexo (mauvais pour les deux), 100 entreprises du Stoxx600 publieront la semaine prochaine leurs chiffres du T1 2018.

Le consensus des prévisions bénéficiaires JCF/FactSet sur le Stoxx600 européen varie sur la semaine de -0,1% pour 2017 et de -0,2% sur 2018. La croissance attendue est de +28,8% pour 2017 et de +8% pour 2018. Aux États-Unis et pour le S&P500, stabilité des prévisions de résultats sur les deux années ; la croissance annuelle 2017 est attendue à +11,4% et à +16,5% pour 2018.

Jean-François GILLES

Président du Directoire d'Erasmus Gestion



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