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LFSS 2018 : loi de financement de la sécurité sociale pour 2018

12/01/2018  - Focus conseil

 

Hausse de la CSG, maintien des taux "historiques", baisse des cotisations pour les salariés et les indépendants, allègements des cotisations sur les bas salaires, suppression du RSI, extension de l’ACCRE, revalorisation de l’ASPA et du minimum vieillesse, extension du CESU, simplification en faveur des artistes auteurs

 

1. Ce qu'il faut retenir

Principales dispositions fiscales et sociales pour 2018

1.1. Hausse de la CSG (article 8 de la loi)

La CSG est augmentée de 1,7 point pour l’ensemble des contributions à l’exception :

  • des allocations chômage,
  • des indemnités journalières, 
  • et des pensions de retraite exonérées de CSG ou soumises au taux réduit de CSG.

Des mesures compensatrices de cette hausse sont prévues pour les salariés, les travailleurs indépendants (voir supra), les agents publics civils et militaires.

1.2. Suppression des taux historiques des prélèvements sociaux (article 8 de la loi)

Le mécanisme des taux "historiques" est supprimé à compter du 1er janvier 2018.

Les taux "historiques" sont toutefois maintenus pour certains produits des contrats d'assurance-vie, des PEP, des PEA, des PERCO, des PEE et des PEL.

1.3. Baisse des cotisations salariales (article 8 de la loi)

Les cotisations maladie et chômage seraient supprimées, en deux temps, au cours de l’année 2018 : 

  • une première baisse de 2,2 points dès le 1er janvier 2018,
  • puis une seconde 0,95 points à compter du 1er octobre 2018.

Soit une suppression des cotisations maladie (0,75 point) dès le 1er janvier 2018 et une suppression des cotisations chômage (2,40 points) à compter du 1er octobre 2018.

1.4. Baisse des cotisations des travailleurs indépendants (article 8 de la loi)

A compter de 2018, les travailleurs indépendants bénéficient d’une diminution de leurs cotisations d’allocations familiales (5,25 points maximum) et de leurs cotisations maladie-maternité (5 points maximum).

Les plafonds de revenus et les modalités d'application sont précisés par décret : Décret du 30 décembre 2017, n°2017-1894 relatifs aux modalités de calcul et aux dispositifs d'exonération des cotisations sociales des travailleurs indépendants

1.5. Allègements de cotisations sur les bas salaires (article 9 de la loi)

A compter de 2019 et afin de compenser la suppression du CICE, les cotisations patronales sont allégées de 6 points sur les rémunérations inférieures à 2,5 SMIC (d'autres mesures à venir viendraient alléger de 10 points les cotisations sur les rémunérations inférieures à 1 SMIC).

1.6. Suppression du RSI (article 15 du projet)

Le RSI est supprimé à compter du 1er janvier 2018.
Les travailleurs indépendants sont adossés au régime général mais conservent leurs propres règles de cotisations et bénéficient d’une organisation particulière.

1.7. Régime d'assurance vieillesse des professions libérales (article 15 de la loi)

Le régime d'assurance vieillesse et invalidité-décès des professions libérales (CIPAV, CNAVPL) est étendu à certaines professions (chiropracteurs, diététiciens, experts automobiles, architectes d'intérieur, économistes de la construction, guides conférenciers, accompagnateurs de moyenne montagne et guides de haute montagne).
Ces professionnels restent affiliés au régime des professions libérales (CIPAV et CNAVPL) et ne suivent pas les travailleurs indépendants relevant du RSI.

1.8. Allègement de la contribution patronale sur les attributions d'actions gratuites (article 11 de la loi)

Les charges patronales sur les attributions d'actions gratuites sont abaissées de 30 % à 20 % pour les actions gratuites attribuées par une décision d'Assemblée Générale Extraordinaire intervenant à compter du 31 décembre 2017.

1.9. Extension du bénéfice de l’ACCRE à tous les créateurs et repreneur d’entreprises (article 13 de la loi)

L’exonération de cotisations durant la première année d’activité n'est plus réservée aux chômeurs mais bénéficie désormais à tous les créateurs et repreneurs d’entreprises (notamment les salariés) créant ou reprenant une activité à compter du 1er janvier 2019.
De manière identique au dispositif ACCRE existant, l'exonération est conditionnée à un plafond de revenu (exonération totale lorsque les revenus sont inférieurs ou égaux à 75 % du PASS et suppression de l'exonération pour les revenus supérieurs à 1 PASS).

1.10. Elargissement du champ du CESU (article 14 de la loi)

Le CESU applicable aux services à la personne prévus à l'article L 7231-1 du Code du travail, est étendu à la plupart des activités pouvant être réalisées auprès de particuliers à compter du 1er janvier 2019.
Les activités éligibles seront précisées par décret.

1.11. Revalorisation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et du minimum vieillesse (article 40 et 41 de la loi)

Les montants et plafonds de ressources pour l’ASPA et le minimum vieillesse sont revalorisés (décret à paraître).
Les dates de revalorisations de l’ASPA, du minimum vieillesse et des pensions de retraite sont harmonisées et fixées au 1er janvier de chaque année à compter de 2019.

1.12. Simplification en faveur des artistes auteurs (article 23 de la loi)

D'ici 2019, les cotisations vieillesse dues par les artistes auteurs ou par leurs diffuseurs seront assorties d’un précompte.

2. Conséquences pratiques

Hausse de la CSG

La hausse de la CSG impacte les revenus dont le fait générateur intervient à compter du 1er janvier 2018, c'est-à-dire :

  • pour les revenus de placement à compter du 1er janvier 2018 (dividendes, rachats sur des contrats d’assurance-vie, plus-values immobilières, etc.)
  • pour les revenus du patrimoine dès le 1er janvier 2017 (revenus fonciers, revenus de locations meublées non professionnelles, plus-values de valeurs mobilières, etc.) pour lesquels le fait générateur est l'émission de l'avis d'imposition, en septembre 2018.

 

Compensation de la hausse de CSG

​Pour les salariés, les travailleurs indépendants, les agents publics civils et militaires des baisses de cotisations sont prévues afin de compenser la hausse de la CSG.

Aucune mesure n'est prévue pour les pensions de retraite (contrairement au souhait du Sénat) cependant, la hausse de CSG touchera uniquement les retraités les plus aisés (les retraités les plus modestes conservent leur exonération ou le taux réduit de CSG).

3. Pour aller plus loin

3.1. Hausse de la CSG (article 8 de la loi)

La CSG est augmentée de 1,7 point pour les revenus d’activité, de remplacement et du capital perçus à compter du 1er janvier 2018.
 
Cependant, cette hausse ne s’applique pas :

  • aux allocations chômage 
  • aux indemnités journalières 
  • aux pensions de retraite exonérées de CSG ou soumises au taux réduit (personnes ayant un revenu fiscal de référence N-2 inférieur à 14 375 € pour une personne seule, 22 051 € pour un couple). 

La hausse de 1,7 point est intégrée à la part déductible de la CSG : la CSG déductible passe donc de 5,1 à 6,8 points à compter de l'imposition des revenus 2018 (voir notre actualité concernant la loi de Finances pour 2018). 

3.2. Suppression des taux historiques des prélèvements sociaux (article 8 de la loi)

Le mécanisme des prélèvements sociaux aux taux "historiques" applicable en fonction de l’année de réalisation du revenu pour certains produits de placement (PEL, PEA, PEE et PERCO) est supprimé à compter de 2018. Ces produits sont donc imposés aux taux en vigueur au jour du fait générateur de l'impôt, quelle que soit l’année de leur réalisation.

Afin d’éviter le risque d’inconstitutionnalité, un maintien des taux de prélèvements sociaux "historiques" a été intégré pour certains produits :

Enveloppes d'épargnes

Principe 

Exception  (application des taux historiques)

Assurance-vie

Application du taux de 17,2 % à l'ensemble des gains soumis aux prélèvements sociaux pour les faits générateurs intervenant à compter du 1er janvier 2018

Contrats souscrits entre le 1er janvier 1990 et le 25 septembre 1997 : produits des primes versées avant le 26 septembre 1997 réalisés au cours des 8 premières années du contrat

Plan d'épargne populaire (PEP)

Produits acquis ou constatés au cours des 8 premières années suivant l'ouverture

Plan d'épargne en actions (PEA, PEA PME-ETI)

  • Produits acquis ou constaté avant le 1er janvier 2018 (par hypothèse PEA de plus de 5 ans)
  • Produits acquis ou constaté durant les 5 premières années suivant l'ouverture à condition que le PEA ou PEA-PME ait été ouvert avant le 1er janvier 2018 

Participation des salariés

Revenus issus de la répartition de la réserve spéciale de participation acquis ou constatés avant le 1er janvier 2018 et au cours de la période d'indisponibilité

Plan d'épargne retraite collectif (PERCO, PERCOI)

Revenus attachés aux versements faits avant le 1er janvier 2018

Plan d'épargne d'entreprise (PEE, PEI)

Revenus attachés aux versements réalisés avant le 1er janvier 2018 :

  • pour les produits acquis ou constatés avant le 1er janvier 2018,
  • ou pour les produits acquis ou constatés au cours des 5 premières années suivant le versement 

Plan d'épargne-logement (PEL)

Intérêts acquis ou constatés (à compter de la 12ème année du PEL) avant le 1er janvier 2018

FCPR, FCPI et SCR

 

  • Gains acquis ou constatés avant le 1er janvier 2018
  • Gains acquis ou constatés durant les 5 premières années suivant la souscription ou l'acquisition des titres à condition que la souscription ou l'acquisition ait été réalisée avant le 1er janvier 2018

Remarque :

Compte tenu de la date de création des PEA PME-ETI, ce type d'enveloppe bénéficie du mécanisme des taux historiques pour encore un an, au moins.

Rappel :

Une suppression des taux "historiques" avait eu lieu pour les contrats d’assurance-vie et contrats de capitalisation dans le cadre de la loi de Financement de la sécurité sociale pour 2014. Toutefois, le Conseil Constitutionnel avait énoncé que pour les contrats d’assurance-vie souscrits entre le 1er janvier 1990 et le 25 septembre 1997, les produits des primes versées avant le 26 septembre 1997 (exonérés d’impôts sur le revenu) acquis ou constatés au cours des 8 premières années suivant l’ouverture du contrat devaient être soumis aux taux "historiques".

3.3. Baisse des cotisations salariales (article 8 de la loi)

Les cotisations maladie et chômage sont supprimées au cours de l’année 2018. Cette suppression s'appliquera en deux temps : 

  • une première baisse de 2,2 points (les cotisations maladies de 0,75 point sont supprimées et les cotisations chômage de 2,40 points sont réduites de 1,45 point, soit un taux résiduel de cotisations chômage de 0,95 point) dès le 1er janvier 2018 ; 
  • une seconde baisse de 0,95 point (donc suppression des cotisations chômage) à compter du 1er octobre 2018.

Soit une baisse totale des cotisations de 3,15 points (0,75 point pour les cotisations maladies et 2,4 points pour les cotisations chômage) tant pour les salariés du régime général que les salariés agricoles.

La suppression de ces cotisations n’aura aucun impact sur les droits à l’assurance maladie et à l’assurance chômage des salariés (en pratique ces contributions seront prises en charge par l'Acoss).

Remarque : 

La baisse des cotisations sociales des salariés favorise surtout les salariés dont la rémunération annuelle brute est inférieure à 4 PASS (soit 156 912 €). Le gain de pouvoir d’achat est estimé à :

  • 0,53 % à compter de janvier 2018,
  • 1,48 % à compter d’octobre 2018.

La hausse de la CSG ne sera pas totalement compensée par la baisse des cotisations maladie et chômage pour la fraction de rémunération au-delà de 4 PASS brut annuel puisque les cotisations chômage ne s’appliquent plus à cette fraction de rémunération et la base de calcul de la CSG passe à 100 % du salaire brut. Il y aurait donc une perte sur cette fraction de salaire, et une perte totale, en rythme de croisière, pour les rémunérations au-delà de 33 450 € brut mensuel.

3.4. Baisse des cotisations des travailleurs indépendants (article 8 de la loi)

A compter du 1er janvier 2018, les travailleurs indépendants (y compris les exploitants agricoles) dont les revenus d’activité sont inférieurs à un certain plafond bénéficient d’une diminution (décret à paraître) :

  • des cotisations d’allocations familiales : baisse de 5,25 points maximum (soit une exonération totale de cotisations pour les travailleurs ayant des revenus inférieurs à 110 % du PASS, et une exonération dégressive entre 110 % et 140 % du PASS, au delà de 140 % du PASS, le taux des cotisations est égal à 3,10 % (Consulter l'article 4 du décret du 30 décembre 2017, n°2017-1894 relatifs aux modalités de calcul et aux dispositifs d'exonération des cotisations sociales des travailleurs indépendants),
  • des cotisations maladie-maternité : baisse jusqu'à 5 points maximum (le taux de droit commun de 6,5 points bénéficiait déjà d'une réduction dégressive jusqu'à 3,5 points, soit un taux résiduel de 3 points, selon des conditions de revenu, cette réduction est donc portée jusqu'à 5 points sous condition de revenu : voir la formule de calcul (article 5 du décret du 30 décembre 2017, n°2017-1894 relatifs aux modalités de calcul et aux dispositifs d'exonération des cotisations sociales des travailleurs indépendants).

3.5. Allègements de cotisations sur les bas salaires (article 9 de la loi)

Instauré en 2013, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) est un crédit d’impôt assis sur les rémunérations des salariés.

BOI-BIC-RICI-10-150

Ce crédit d'impôt est supprimé à compter de 2019 et remplacé par un allégement des cotisations patronales  maladie de 6 points pour les rémunérations inférieures à 2,5 SMIC (tant pour les salariés du régime général que du régime agricole).

Remarque :

Pour un salaire équivalent à 1 SMIC, aucune cotisation ou contribution sociale ne serait due, à l’exception de la cotisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles et de quelques autres prélèvements hors protection sociale (versement transport, apprentissage, construction).

Ces dispositions s'appliquent aux cotisations et contributions sociales dues à compter du 1er janvier 2019.

Particularité en 2019, les entreprises bénéficieraient des allégements de charges sur les rémunérations versées en 2019 et du CICE acquis au titre des rémunérations de l’année 2018.

D'autres mesures à venir (non prévues par la loi de Financement de la sécurité sociale pour 2018) prévoiraient d'abaisser ces cotisations de 10 points pour les rémunérations inférieures à 1 SMIC.

A plus long terme, d’autres dispositifs d’exonérations ciblés (exonérations en outre-mer dit LODEOM, travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi dit TO-DE ; exonérations zonées ; contrats aidés ou soutenus en faveur de l’insertion par l’activité économique) seraient réexaminés, voir supprimés, d’ici la loi de Financement de la sécurité sociale pour 2019.

3.6. Suppression du RSI (article 15 de la loi)

Depuis sa création, le RSI est source de mécontentement : dysfonctionnements, erreurs de calcul, courriers contradictoires, impossibilité de joindre les agents, etc.

Le RSI est donc supprimé à compter du 1er janvier 2018 et transféré vers les caisses du régime général (le transfert des missions du RSI ferait l’objet d’une période transitoire de 2 ans).

Cet adossement permet de fait bénéficier aux travailleurs indépendants des services comparables à celui du régime général (notamment des services en ligne). Le recouvrement des cotisations est assuré par les Urssaf. 
Toutefois, les indépendants conservent leurs propres règles concernant leurs cotisations (le statut de dirigeant TNS reste donc moins coûteux que celui de salarié) et bénéficient au sein des organismes gestionnaires d’une organisation particulière, conçue en fonction de leurs besoins. On sera attentif en pratique au maintien du guichet unique évitant actuellement aux indépendants de recourir à divers caisses pour la maladie, la retraite, la famille.

Les prestations d’assurance santé sont reprises par les CPAM (assurance-maladie) et la CARSAT (caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) à compter de 2019 en lieu et place des 19 organismes conventionnés au RSI (RAM, Apria, Aesio...). 

D’autres mesures sont à l’étude : alignement de la couverture maternité sur celui du régime général, ouverture de l'assurance-chômage (en premier lieu aux salariés démissionnaires qui veulent se lancer dans l’entreprenariat, mais logiquement aussi aux indépendants), unification des déclarations fiscale et sociale d’ici 2020, etc.

Remarque : 

Le passage du statut de salarié à celui d’indépendant sera facilité dès 2019 : les salariés nouvellement établis sous le statut de travailleurs indépendants pourront continuer d’être gérés par leur CPAM.

3.7. Régime d'assurance vieillesse des professions libérales (article 15 de la loi)

La suppression du RSI a pour conséquence de faire basculer au régime général tous les indépendants qui ne sont pas définis comme des professionnels libéraux par le Code de la sécurité sociale (Css. L. 640-1). Pour ces professionnels, cela implique notamment un alignement des taux de cotisations sur ceux applicables aux artisans et commerçants et une modification de l'âge de départ en retraite à taux plein. 

Pour limiter les effets de cette mesure, le champ d'application du régime de l'assurance-vieillesse des professionnels libéraux prévu à l'article L. 640-1 du Code de la sécurité social (applicable notamment aux médecins, pharmaciens, notaires et experts-comptables) est étendu à plusieurs professions : psychologues chiropracteurs, diététiciens, experts automobiles, architectes d'intérieur, économistes de la construction, guides conférenciers, guides de haute montagne et accompagnateurs de moyenne montagne.

L'affiliation au régime des professionnels libéraux s'appliquent à ces nouveaux professionnels créant leur activité :

  • à compter du 1er janvier  2018 pour les professionnels relevant du régime micro-social ;
  • à compter du 1er janvier 2019 pour les professionnels ne relevant pas du régime micro-social.

En résumé, seuls certains professionnels libéraux restent affiliés au régime de la CIPAV et de la CNAVPL :

  • les professionnels relevant historiquement de l'article L. 640-1 du Code de la sécurité social ainsi que les professionnels relevant nouvellement de cet article et créant leur activité à compter de 2018 ou, le cas échéant, à compter de 2019, restent affiliés au régime des professionnels libéraux,
  • les autres professionnels libéraux (ne relevant pas de l'article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale) et affiliés au régime des professionnels libéraux (CNAVPL, CIPAV) avant le 1er janvier 2019 restent affiliés à ces régimes (ils suivent donc le transfert du RSI et sont donc gérés par le régime général) mais peuvent opter pour l'affiliation au régime général entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2023. Ces professionnels ne relevant pas de l'article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale, lorsqu'ils ne relèvent pas du régime micro-social, peuvent demander l'application de taux spécifiques, déterminés par décret, pour le calcul des cotisations de retraite complémentaire obligatoire.

3.8. Allègement de la contribution patronale sur les attributions d'actions gratuites (article 11 de la loi)

Les attributions d'actions gratuites sont soumises aux cotisations sociales depuis le 16 octobre 2007. 
Pour l'employeur, un forfait social de 30 % s'applique sur la valeur des actions attribuées, au jour de leur acquisition.

Cette contribution patronale est abaissée de 30 % à 20 % pour les attributions autorisées par décision d'Assemblée Générale Extraordinaire intervenant à compter du 31 décembre 2017 (date de publication de la loi).

Le taux de 30 % s'applique donc aux attributions décidées entre le 30 décembre 2016 et le 31 décembre 2017.

Remarque : 

Cette disposition ne concerne pas les attributions de stock-options, qui restent soumises au taux de 30 %.

3.9. Extension du bénéfice de l’ACCRE à tous les créateurs et repreneur d’entreprises (article 13 de la loi)

Les chômeurs créant ou reprenant une entreprise, ainsi que les salariés reprenant tout ou partie de l’entreprise en difficulté dans laquelle ils travaillent sont exonérés de cotisations (d’assurance maladie, maternité, vieillesse, invalidité et décès et des cotisations d’allocation familiale) pendant 1 an, sur les revenus ou rémunérations qu’ils perçoivent et qui sont inférieurs à 120 % du SMIC (soit 21 316 € pour 2017). L'exonération est prolongée pour les micro-BNC ou micro-BIC : exonération de 2/3 la deuxième année et 1/3 la troisième année (CSS. D 161-1-2).

La loi de Financement de la sécurité sociale pour 2017 a instauré une dégressivité de l’exonération en fonction des revenus : exonération totale lorsque les revenus sont inférieurs ou égaux à 75 % du PASS, dégressive entre 75 % du PASS et 1 PASS et suppression à compter de 1 PASS.

La loi de Financement de la sécurité sociale pour 2018 étend plus généralement cette exonération à tous les créateurs et repreneurs (chômeurs ou salariés) :

  • qui ont vocation à exercer une activité d’indépendant relevant du RSI ou du statut des non-salariés agricole,
  • qu’elle soit exercée en entreprise individuelle ou sous forme sociétaire dans laquelle le redevable aurait effectivement le contrôle.

Le dispositif est d'ailleurs rebaptisé "exonération de début d'activité de création ou de reprise d'entreprise" mais les conditions de revenus sont maintenues.


Cette exonération ne peut être cumulée avec d’autres dispositifs à l’exception de la réduction des cotisations familliales (CSS. nouvel art L.613-1) et de la réduction des cotisations maladie-maternité (CSS. nouvel art L.621-3) et le contribuable ayant bénéficié de l'exonération ne peut en bénéficier pendant les 3 années suivantes au titre d’une autre activité (délai de carence de 3 ans).

Ces dispositions s'appliquent aux créations et reprises d’entreprises intervenues à compter du 1er janvier 2019 pour les cotisations et contributions sociales dues à compter du 1er janvier 2019.

3.10. Elargissement du champ du CESU (article 14 de la loi)

Le chèque emploi service universel (CESU) facilite les déclarations faites aux administrations sociales (rapidité, dématérialisation des déclarations, etc.). Il est applicable aux services à la personne prévus à l'article L. 7231-1 du Code du travail (services à la personne, assistants maternels agréés, stagiaires aides familiaux placés au pair et accueillants familiaux).

A compter du 1er janvier 2019,  il est élargi à la plupart des activités pouvant être réalisées auprès de particuliers et notamment en faveur des particuliers qui exercent une activité de conseil ou de formation au domicile d’autres particuliers (prestations ponctuelles) ou de mise en relation avec un salarié, un stagiaire au pair, etc.

Les employeurs de gardes d'enfants restent hors du champ du CESU (et soumis au dispositif spécifique Pajemploi).

​Les activités éligibles seront précisées par décret.

3.11. Revalorisation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et du minimum vieillesse (article 40 et 41 de la loi)

Les montants et plafonds de ressources pour l’ASPA et le minimum vieillesse sont revalorisés par décret (l'allocation ASPA devrait atteindre le montant de 903 euros mensuel d’ici 2020).

Par ailleurs, à compter de 2019, les dates de revalorisation de l’ASPA, du minimum vieillesse et des pensions de retraite sont harmonisées et avancées au 1er janvier de chaque année (au lieu du mois d’avril pour l’ASPA et le minimum vieillesse et du mois d’octobre pour les pensions de retraite).

3.12. Simplification en faveur des artistes auteurs (article 23 de la loi)

Les démarches de déclarations et de paiements des cotisations sociales dues par les artistes auteurs ou par leurs diffuseurs sont simplifiées.

En pratique, un précompte des cotisations vieillesse, plafonné, sera mis en place d’ici 2019 (l’absence de ce précompte conduit actuellement à minorer les droits à retraite des intéressés). Les cotisants pourront donc cotiser sur une assiette forfaitaire à condition que leurs revenus soient inférieurs à certains plafonds (à fixer par décret).

 

Source : Fidroit

 



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